Doublement en 20 ans de l’incidence du cancer du testicule en région Midi-Pyrénées

Le cancer du testicule compte pour 1 % de toutes les tumeurs malignes de l’homme mais est le plus fréquent des cancers des 20-34 ans. Son incidence s’est considérablement accrue au cours des dernières décennies dans la plupart des pays industrialisés, avec des variations d’un pays à l’autre. En Europe, la comparaison inter-pays montre des taux d’incidence de 3 p. 100 000 en Espagne et de 15 p. 100 000 au Danemark et en Suisse, et met en évidence un effet de cohorte de naissance sur la pente des courbes d’incidence : en Suède, par exemple, comparés aux  hommes nés vers 1905, ceux nés vers1965 ont un risque relatif de cancer du testicule de 3,9 (2,7-5,6), tandis qu’en ex-Allemagne de l’Est, ce risque est de 11,4 (8,3-15,5).
En France, certaines études ayant rapporté un accroissement de l’incidence du cancer du testicule, notamment dans les régions nord-ouest, des auteurs ont évalué les tendances évolutives de l’incidence de ce cancer, au cours des 20 dernières années, au sud du pays.

L’étude a porté sur une série de 506 cas consécutifs de cancer du testicule, recensés dans le registre régional Midi-Pyrénées de ces cancers. Les tumeurs séminomateuses et non séminomateuses ont été soumises à analyse, et tous les cas ont été réévalués par un anatomo-pathologiste pour limiter les erreurs de classement.

Les résultats montrent une augmentation significative du taux d’incidence des cancers du testicule dans cette région : le taux d’incidence régionale  globale des tumeurs séminomateuses a doublé au cours de la période d’étude. Il est passé de 1,27 p. 100 000 entre 1980 et 1984 à 3,04 p. 100 000 entre 1995 et 1999, avec une progression annuelle de 5,70 % (1,65-9,75 %).
Pour les tumeurs séminomateuses, l’incidence maximale  a été observée chez les 35-39 ans, entre 1990-94 ; pour les tumeurs non séminomateuses, l’incidence maximale  a été observée à des âges plus jeunes, chez les 20-29 ans.

Ces résultats, selon les auteurs, sont comparables à ceux observés dans tous les pays européens, avec un gradient nord-sud apparent, des taux de cancer du testicule plus élevés en Europe du Nord (à l’exception de la Finlande et des pays baltes) et un accroissement des taux d’incidence semblable, doublé au cours des deux dernières décennies, dans les pays d’Europe du Nord et du Sud. Ils suggèrent une grande hétérogénéité géographique de l’incidence du cancer du testicule mais avec de faibles variations des tendances temporelles, et un effet de cohorte de naissance, avec une incidence moindre chez les sujets nés dans les années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale, rapportée dans plusieurs pays européens. Ils incitent à développer les réseaux européens de surveillance et à identifier les facteurs de risque de survenue de ce cancer.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Walschaerts M et coll. : Doubling of testicular cancer incidence rate over the last 20 years in Southern France. Cancer Causes Control, Publication avancée en ligne, 16 novembre 2007.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article