Insulinorésistance et syndrome métabolique chez l’enfant

Le syndrome métabolique est associé chez l’adulte à  l’hyper insulinémie et l’insulinorésistance. Qu’en est-il chez l’enfant ? Les critères de syndrome métabolique définis pour l’adulte sont-ils applicables et permettent-ils d’identifier le risque d’insulinorésistance dans cette population ?

Pour répondre à cette question, V Hirschler et coll. ont entrepris une étude qui a inclus 167 enfants de 2 écoles (80 garçons) d’une moyenne d’âge de 6,7 ans, +/-3 ans, 73 en surpoids (indice de masse corporelle, IMC supérieur au percentile 95), 41 à risque de surpoids (IMC compris entre les percentiles 85 et 95) et 53 avec un poids normal (IMC inférieur au percentile 85 et appariés aux autres enfants pour le sexe et l’âge). La mesure des variables suivantes a été obtenue : le tour de taille, la pression artérielle, le test d’hyperglycémie orale provoquée, la protéine C réactive, l’adiponectine, l’insuline et les lipides. La définition du syndrome métabolique retenue était celle de l’Adult Treatment Panel III.

La prévalence du syndrome métabolique s’est avérée identique dans les 2 sexes. Pour l’ensemble du groupe, elle s’est établie à 11,3 % (IC 95 % : 6,56-16,19 %) versus 21,9 % chez les enfants en surpoids  (IC : 12,24-31,0 %). Ces sujets en surpoids avaient plus souvent un tour de taille élevé et un taux de HDL bas. De plus 71,86 % du total des enfants présentaient au moins une anomalie métabolique (IC 95 % : 65,04-78,68 %). En présence d’au moins un élément du syndrome métabolique et comparé aux sujets n’en ayant aucun, le degré d’insulinorésistance évalué par le modèle  HOMA s’est révélé significativement plus élevé (β = 0,6, IC 95 % 0,4-0,7, p = 0,0001).

En analyse de régression logistique l’insulinorésistance était le seul facteur de risque indépendant de syndrome métabolique (Odds Ratio : 1,52, IC 95% 1,2-2, p = 0,007).

Ainsi chez l’enfant obèse, comme chez l’adulte, l’insulinorésistance est associée avec les autres composants du syndrome métabolique. Les auteurs concluent à la nécessité de l’identifier précocement chez l’enfant pour prévenir la survenue ultérieure d’un diabète et de maladies cardiovasculaires.

Dr Serge Brugier

Référence
Hirschler V et coll. Can the metabolic syndrome identify children with insulin resistance ? Pediatric Diabetes, 2007 ; 8 : 272-7

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