Apnées du sommeil en cas de syndrome métabolique avec HTA contrôlée

Il est bien connu que l’obésité abdominale et l’HTA sont associées au syndrome d’apnées du sommeil (SAS). L’HTA résistante amène couramment les médecins à prescrire un enregistrement du sommeil tant les SAS sont fréquents dans ce contexte. Cependant, les données manquent en ce qui concerne la prévalence des SAS chez les patients avec une HTA traitée et contrôlée. De plus, alors que le syndrome métabolique et la résistance à l’insuline « compliquent » fréquemment les SAS, peu d’études ont évalué la prévalence des SAS chez les patients avec un syndrome métabolique. Enfin, l’échelle de somnolence d’Epworth est souvent proposée pour identifier les patients à fort risque de troubles du sommeil et pour lesquels un enregistrement polysomnographique nocturne doit être prescrit. La fiabilité de ce test pour identifier les SAS chez les patients avec un syndrome métabolique n’a pas été évaluée jusqu’à présent.

L’objectif de cette étude a donc été de préciser la prévalence des SAS chez les hommes atteints de syndrome métabolique, d’étudier la relation entre l’HTA contrôlée et SAS chez ces patients, et d’évaluer la fiabilité du test de somnolence pour faire le diagnostic de SAS.

Parmi 135 patients hospitalisés avec un syndrome métabolique, 125 sans antécédents de SAS ont bénéficié d’un enregistrement polysomnographique nocturne. Une somnolence diurne excessive a été recherchée par l’échelle d’Epworth. Les résultats de ces examens chez les 41 patients avec une HTA contrôlée (<130/85 mmHg sous antihypertenseurs) ont été comparés avec ceux obtenus chez 32 « normotendus » (>130/85mmHg) sans traitement.

La prévalence des SAS (index d’apnées/hypopnées, IAH  > 15/heure) chez les hommes avec un syndrome métabolique a été de 44 % dans la population totale, 28,1 % dans le sous-groupe des normotendus et 61 % chez les patients avec une HTA traitée et contrôlée. Des SAS sévères (IAH > 30/heure) ont été observés respectivement dans 6,3 % et 34,1 % des cas
(p = 0,01). Comparés aux patients indemnes de SAS, ceux avec un SAS présentaient une tension artérielle et un indice de masse corporelle (IMC) plus élevés. De plus, une analyse de régression a montré que l’HTA contrôlée était un déterminant des SAS qui persistait après ajustement pour l’IMC. Les courbes ROC (Receiver operating charactéristics) ont montré que le test de somnolence n’est pas un bon outil pour identifier les patients avec un SAS.

En conclusion, la prévalence des SAS est élevée chez les hommes avec un syndrome métabolique. Le test de somnolence diurne n’identifie pas les SAS chez ces patients qui doivent subir un enregistrement nocturne du sommeil. Comme un SAS sévère est retrouvé dans presque 1/3 des cas de syndrome métabolique avec une HTA contrôlée, un enregistrement  du sommeil devrait être systématiquement proposé  à ces patients quel que soit le degrés de somnolence diurne retrouvé à l’interrogatoire.

Dr Serge Brugier

Références
Hansel B et coll. : Prevalence and determinants of sleep apnea syndrome occuring in men with metabolic syndrome and controlled arterial hypertension.
Journal of hypertension 2007; 25 (12): A1

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Vos réactions (1)

  • "Apnées du sommeil en cas de syndrome métabolique avec HTA contrôlée"

    Le 08 décembre 2007

    Tout à fait d'accord avec cet article. Chez ces patients il faut systématiquement chercher un diabète car il est souvent associé.

    G Jepaul

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