Comment gagner la bataille du cancer du sein dans les pays en voie de développement

L’incidence du cancer du sein (KS) augmente de 5 % par an, atteignant 1,1 million de femmes chaque année sur la surface du globe et représentant 10 % des cancers. Les soigner dans les meilleures conditions dans les pays en voie de développement (PVD) est un difficile défi.

Dans ces pays, la lutte contre les maladies infectieuses et parasitaires prévaut et résume en effet souvent la politique sanitaire, dont d’ailleurs les impératifs varient en fonction des conditions politiques et sociales, du rythme de la croissance économique, et de l’accès aux structures de soins.

Dans les pays occidentaux, l’essor de la mammographie de dépistage et les nouveaux traitements ont permis de réduire la mortalité par KS de 1 à 2 % par an depuis 15 ans. Il n’en est pas de même dans les PVD, où l’incidence de la maladie est toutefois moindre. Ceci démontre que l’amélioration de la survie dépend des ressources opposées à la maladie. Mais, une fois ce constat enregistré, on se heurte à des obstacles multiples, d’ordre social, politique ou culturel. Un certains fatalisme religieux, par exemple, fait accepter aux femmes un dénouement sombre de leur maladie, et la médiocre information sur les signes révélateurs explique, autant que les tabous culturels, que la prise en charge en soit souvent tardive. En outre, il y a de grandes variations selon les régions, et, quand le kwashiorkor et les épidémies sont les problèmes majeurs, les responsables sanitaires se soucient plus d’hygiène et d’eau potable que de KS.

Par ailleurs, l’adéquation de la stratégie de soins aux ressources du pays ne peut se faire qu’en tenant compte des défis spécifiques à chaque communauté (instabilité politique, dictature, illettrisme, etc.), la disponibilité des ressources important finalement moins que leur répartition. Ce n’est pas d’une imagerie performante ou de la technique du ganglion sentinelle qu’il faut attendre des progrès dans des régions dont l’infrastructure sanitaire est déficiente, malgré les efforts des industriels pour y vendre leurs appareils et leurs molécules. Le préalable à toute politique internationale est de construire un partenariat confiant avec les responsables locaux (éducateurs, médecins, industriels, gouvernants) et de prendre en compte les croyances des populations, afin d’initier des programmes  d’éducation sanitaire adaptés.

L’établissement de centres de consultation dans des villages modèles est un exemple de ce que peut obtenir une philanthropie bien comprise.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Masood S. : Coming together to conquer the fight against breast cancer in countries of limited resources: the challenges and the opportunities. The Breast Journal, 2007;13:223-5.

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Vos réactions (1)

  • "Comment gagner la bataille du cancer du sein dans les pays en voie de développement"

    Le 19 décembre 2007

    Les pathologies non traitées dans les PVD sont nombreuses et il y a là une source de publications inépuisable, de même que la possibilité pour des médecins occidentaux de monter de jolis projets... Mais tant que les problèmes sanitaires de base ne seront pas pris en compte, ces projets sembent dérisoires et surtout détournent souvent de l'argent qui pourrait être mieux utilisé. Par exemple créer des centres de dialyse dans ces pays est une ineptie: la cause principale d'insuffisance rénale terminale est l'HTA alors que celle-ci n'est quasiment pas traitée faute de dépistage et de médicaments pourtant très bon marché.

    Jean-Sébastien Borde

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