Sombre diagnostic pour l’hôpital public !

Paris, le mercredi 19 décembre 2007 – Voilà qui ne devrait guère remonter le moral des professionnels de santé menant leur carrière au sein du secteur public. La Fédération hospitalière de France (FHF) dresse en effet dans son « atlas hospitalier et médico-social », publié aujourd’hui et déjà commenté par le Monde, un sombre portrait de la situation des établissements publics en France. L’alerte est tout d’abord générale : selon l’enquête de la fédération, quelque 52 % des établissements de soins hospitaliers en France présenteraient une situation de « vulnérabilité ». Celle-ci peut notamment être liée au vieillissement des personnels ou à une activité insuffisante (moins de 4 000 interventions par an en chirurgie, moins de 1 000 accouchements pour une maternité), incompatible avec l’exigence de tarification à l’activité (T2A). Nul n’échappe, du secteur public ou privé, à ces déséquilibres financiers, mais la menace pèse bien plus lourdement sur le premier : 62 % des établissements dits « vulnérables » sont publics et seulement 47 % appartiennent au privé.

95 % du parc hospitalier public de Midi-Pyrénées connaît une situation de « vulnérabilité »

Il apparaît en effet que les hôpitaux publics sont aujourd’hui mis en forte concurrence avec les cliniques du secteur lucratif. La chirurgie témoigne mieux qu’aucune autre activité de la faiblesse du secteur public. Aujourd’hui, 58 % des interventions chirurgicales sont prises en charge par les cliniques, bien que dans le public demeure réalisée la majorité des actes lourds. Dans cette bataille, la FHF juge pourtant que même les CHU hier vus comme des « forteresses » sont ébranlés. Dans certaines régions, la situation est particulièrement préoccupante pour l’ensemble du secteur public : la FHF estime que 95 % du parc hospitalier non lucratif de Midi-Pyrénées connaît une situation de « vulnérabilité ».

Face à ce constat, la FHF préfère ne pas se lancer dans des recommandations impérieuses, mais observe cependant : « le morcellement des établissements et la dispersion des ressources sont préjudiciables au maintien et à plus forte raison au développement du service public ». Comme piste de réhabilitation pour les établissements les plus menacés, la FHF évoque « l’hospitalisation à domicile » ou encore la reconversion en « maison de retraite ».

A.H.

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Vos réactions (1)

  • "Sombre diagnostic pour l’hôpital public ! "

    Le 19 décembre 2007

    Il faudrait comparer ce qui est comparable. Exerçant en hopital public, je peux vous dire que nous traitons des urgences opératoires qui sont refusées en clinique et que de plus nous sommes souvent amenés à prendre en charge des patients qui ont été opérés en clinique et qui ont des complications que les chirurgiens en clinique ne veulent pas assurer et dont ils se lavent les mains tout en sachant que l'hopital les prendra en charge, service public oblige. Pour finir il faudrait donc comparer l'activité de soin dans les deux et remettre en perspective les différentes offres de soin entre public et privé. Si ce dernier assumait les mêmes risques que le public serait il peut être moins rentable et la tarification ne serait plus la même et plus en faveur du public qui est obligé d'assurer des actes qui ne sont pas toujours rémunéré à leure juste valeur.

    Emmanuel Amerger

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