Alerte rouge : pénurie d’infirmières à l’AP-HM

Marseille, le vendredi 21 décembre 2007 – Ce mercredi, la Fédération hospitalière de France (FHF) a rendu un rapport préoccupant sur la situation des hôpitaux publics en France. Dans certaines régions, l’inquiétude est plus vive encore. Parmi les différents critères facteurs de « vulnérabilité », la Fédération avait notamment cité le vieillissement des personnels. Mieux que cette analyse froide, les événements qui ont agité cette semaine le bloc central de l’hôpital Nord de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) reflète combien les difficultés sont aujourd’hui importantes et risquent de s’aggraver dans l’avenir.

12 000 départs à la retraite d’ici 2012

Tant l’unanimité que la détermination des personnels donnent à la grève qui a touché pendant trois jours, jusqu’à ce 20 décembre, le bloc central de l’Hôpital Nord un caractère exceptionnel. Les quarante-cinq infirmières, aides soignantes et personnels hospitaliers qui composent ce bloc opératoire ont suivi le mouvement de grève qui a entraîné une suspension d’activité et des réquisitions. Pascale Jourdan, déléguée syndicale de la CGT a affirmé : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous entamons une grève juste avant Noël, mais nous sommes excédées (…). Si nous sommes en grève, c’est pour les patients, par pour des augmentations de salaire ». De fait, les revendications des infirmières concernaient en premier lieu la grave pénurie d’effectifs déjà inquiétante aujourd’hui et qui sera plus préoccupante dès le début 2008. Aujourd’hui, six postes budgétés sont vacants, ils pourraient être douze en février en raison du transfert du service de neurochirurgie Sud vers le Nord. En outre, la gestion de ce bloc qui prend en charge six spécialités différentes, est fragilisée depuis deux ans « par un fort turn over des cadres du bloc opératoire » soulignent les grévistes. La direction ne nie pas ces difficultés, mais souligne que le recrutement d’infirmières est aujourd’hui particulièrement difficile. En Provence Alpes Côte d’Azur, 1 740 places sont ouvertes aux concours des instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). Parmi les élèves qui achèvent leur cursus, beaucoup seront attirées par le secteur privé. Si l’AP-HM peut sans doute être assurée de retenir une grande partie des 150 nouvelles infirmières diplômées chaque année par les écoles de la Capelette, de Sainte Marguerite et de l’hôpital Nord, ces effectifs sont largement insuffisant lorsqu’on sait que 360 nouveaux recrutements annuels seraient nécessaires. Face à ces ubuesques erreurs arithmétiques, la pénurie s’aggrave. En 2007 : 513 postes sont devenus vacants dans les quatre hôpitaux publics de Marseille, soit 16 % de l’effectif d’infirmières et de puéricultrices. L’avenir paraît plus sombre encore en raison du vieillissement des personnels. Entre 2006 et 2007, les départs en retraite d’infirmières et de puéricultrices a presque triplé ; d’ici 2 012, 12 000 départs à la retraite de ces professionnelles sont attendus dans la région PACA.

Ecueil

Hier, le mouvement a été levé par les infirmières, qui n’excluent cependant pas sa reprise en janvier. Les opérations séduction de l’AP-HM pour recruter de nouvelles infirmières se poursuivent : elles butent nécessairement sur un écueil incontournable : le salaire des débutantes dans la fonction publique est de 1 480 euros nets.

 

A.H.

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Vos réactions (1)

  • "Alerte rouge : pénurie d’infirmières à l’AP-HM"

    Le 22 décembre 2007

    Ce metier n'est plus attractif.Le mythe de la bonne soeur ne fait plus recette et travailler 3 week-end sur 4 c'est faire une croix sur une vie familliale et sociale équilibrée.C'est être toujours en décalage sur les rythmes scolaires,loisir;etc....
    Et la cerise sur le gateau :
    paye minable, horaires à rallonge et profession peu valorisée .Donc ne pas s'étonner si beaucoup de demoiselles boudent ce métier dont les qualités semblent d'une autre époque.

    Sophie Julien

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