La césarienne de confort profite peut-être à la mère mais pas forcément à son enfant !

La fréquence des accouchements par césarienne (AC) est en constante progression partout dans le monde, aussi bien dans les pays industrialisés que les pays en voie de développement, des taux avoisinant 50 % ayant été notamment rapportés dans certaines régions d’Amérique latine. Les indications de césarienne étaient auparavant limitées aux situations à risque de complications obstétricales ou aux pathologies maternelles graves. Cependant, la réduction du risque opératoire grâce à l’amélioration des techniques chirurgicales et anesthésiques a contribué à élargir les indications et même conduit beaucoup de futures mères à opter pour ce mode d’accouchement. Ainsi la présentation en siège ou les antécédents de césarienne sont-ils devenus des indications courantes d’AC. Ainsi beaucoup d’AC sont-ils réalisés sans motif médical ou obstétrical évident. Or, certaines études ont montré que la césarienne était associée à une augmentation du risque de morbidité respiratoire néonatale mais les faiblesses méthodologiques de ces travaux et leur hétérogénéité rendent difficiles l’affirmation des liens de causalité et l’évaluation de la force de l’association, si elle existe.

Afin de préciser ces éléments, une équipe danoise a entrepris une étude de cohorte qui a inclus tous les accouchements sans malformation fœtale, survenus à un âge gestationnel (AG) compris en 37 et 41 semaines à l’hôpital Universitaire de Aarhus (Danemark) entre le 1er janvier 1989 et le 31 décembre 2006, soit 34 458 naissances.

Un total de 2 687 accouchements se sont faits par césarienne. Par rapport à la voie vaginale, les AC ont été associés à une augmentation du risque de morbidité respiratoire à 37 semaines d’AG (OR = 3,9 ; IC 95 % : 2,4 – 6,5), à 38 semaines d’AG (OR = 3,0 ; IC 95 % : 2,1 – 4,3) et à 39 semaines d’AG (OR = 1,9 ; IC 95 % : 1,2 – 3,0). Le risque de morbidité respiratoire sévère était également augmenté dans le groupe AC par rapport aux accouchements vaginaux, avec un risque multiplié par 5 à 37 semaines d’AG (OR = 5,0 ; IC 95 % : 1,6 -16,0). Les résultats restent globalement similaires après l’exclusion de l’analyse des grossesses compliquées d’un diabète, d’une prééclampsie, d’un retard de croissance intra-utérin ou d’une présentation en siège.

Ces résultats montrent que par rapport aux accouchements par voie vaginale, les accouchements par césarienne « de confort » à terme sont associés à une augmentation du risque pour le nouveau-né de morbidité respiratoire globale et sévère.

Dr Khodor Chatila

Référence
Hansen A K et coll. : Risk of respiratory morbidity in term infants delivered by elective caesarean section: cohort study. BMJ 2007, en ligne avant publication le 11 décembre, doi:10.1136/bmj.39405.539282.BE.

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Vos réactions (1)

  • Obstétriciens sur youtube

    Le 19 novembre 2010

    Et oui ! Encore une fois les conduites obstétricales limites sont pointées du doigt. Pourquoi les femmes ne veulent pas accoucher normalement? Pourquoi les obstétriciens, ceux qui font de la publicité, leur publicité sur youtube pour leur technique soit disant ambulatoire de césarienne ont encore le droit d'exercice en France ? Parce que ce genre de pratique scientifiquement contestable est la source de revenus conséquents pour les établissements de santé qui font de l'obstétrique: les maternités.

    Dr Damien Pietrin

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