Incontinence au moment de l’orgasme masculin après chirurgie pelvienne

La prostatectomie radicale (PR), qui est l’un des traitements du cancer de la prostate, laisse parfois des séquelles : incontinence et troubles érectiles ; ces derniers allant de la diminution de libido à l’impuissance, en passant par la climaturie (CLT), qui est une émission involontaire d’urine lors de l’éjaculation. Cette complication peut aussi émailler les suites d’autres interventions pelviennes. Afin d’approfondir cette question, une étude rétrospective a porté sur 696 hommes opérés entre 2005 et 2006 d’une chirurgie pelvienne majeure (PR, cystectomie et rectoproctectomie). Seuls ont été retenus les opérés ayant présenté au moins 3 épisodes de CLT. Les malades porteur d’urétérostomie, ou soumis à un traitement radio ou chimiothérapique, ont été exclus de l’étude, ce qui a réduit l’échantillon à 475 sujets. Les dysfonctions érectiles pré et postopératoires ont été soigneusement évaluées et notées de 1 à 10, ainsi que les troubles de la continence au cours des 24 h.

Les 475 hommes étaient âgés en moyenne de 60 ans et l’appréciation de leurs troubles a été pratiquée 7 mois en moyenne après le geste chirurgical majeur. La plupart de ces hommes étaient de type blanc (88 %), mariés (82 %) et plus d’un cinquième d’entre eux (n=96) se plaignaient de CLT ; ce taux étant nettement moins élevé après cystectomie totale, mais encore plus après PR, que celle-ci ait été réalisée par voie ouverte ou cœlioscopique. Il est à noter que les bandelettes contenant les nerfs érecteurs avaient le plus souvent été préservées, sans que cela modifie dans un sens ou dans l’autre le taux de CLT. La fréquence de la CLT n’a pas non plus été corrélée, ni avec l’âge, ni avec des troubles de la continence des 24 h.

Les résultats montrent que l’incidence de la CLT diminuait au-delà de la première année postopératoire, (27 % à 9 mois, 9 % après 24 mois) et qu’elle semblait plus fréquente chez les hommes ayant un orgasme douloureux et chez ceux dont le pénis avait diminué de longueur ; ces critères étant retrouvés aussi bien en analyse uni que multivariée.

L’incontinence associée à l’éjaculation survient donc chez un opéré sur cinq après chirurgie prostatique radicale, quelle que soit la voie d’abord chirurgicale, mais son incidence diminue avec le temps et touche surtout les hommes dont la verge a été raccourcie et dont l’orgasme est douloureux.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Choi JM et coll. : Orgasm associated incontinence (climacturia) following radical pelvic surgery : rates of recurrence and predictors. J Urol 2007 ; 177 : 2223-6.

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