Grève aux urgences : le ralliement des anesthésistes servira-t-il d’électrochoc ?

Paris, le jeudi 3 janvier 2008 – Les urgentistes ne sont pas tout à fait des médecins comme les autres. La célèbre série américaine, sobrement baptisée « Urgences », a voulu le démontrer, les syndicats qui les défendent en France tentent également de s’y atteler, en disposant de moyens un peu moins cinématographiques. Alors qu’une grève des urgentistes perdure depuis le 24 décembre, sans aucune répercussion pour les patients, ce désir d’individualisation est en effet nettement énoncé par les représentants de ces praticiens. Ainsi, alors que des négociations doivent s’ouvrir ce 7 janvier au ministère de la Santé autour du paiement des heures supplémentaires des personnels hospitaliers réservées dans les comptes épargne temps (CET), Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a souligné ce mercredi que « les urgentistes ne se considèrent pas représentés par les intersyndicales reçues au ministère ». Aussi, souhaitent-ils pouvoir « négocier directement avec les pouvoirs publics ». Face à ces doléances, le ministère semble faire la sourde oreille, n’opérant finalement une distinction entre les urgentistes et les autres praticiens hospitaliers qu’à l’heure des rémunérations. Patrick Pelloux s’insurge en effet depuis plusieurs jours contre un système « absurde » en vertu duquel « la garde est payée 450 euros quand elle est réalisée par un médecin à statut hospitalo-universitaire, 250 quand c’est un urgentiste ».

Pénibilité

L’entrée dans la grève des anesthésistes réanimateurs ce 3 janvier, à l’appel du Syndicat des médecins anesthésistes réanimateurs non universitaires (SMARNU) et du Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs (SNphar) signe la même volonté des spécialistes de l’urgence de voir la spécificité de leur métier mieux reconnue. Les deux organisations souhaitent notamment que soit mieux prise en compte la « pénibilité d’un métier exercé 24 heures sur 24, sept jour sur sept ». L’appui des anesthésistes réanimateurs permettra également peut-être aux urgentistes de mieux se faire entendre d’un ministère qui se plait depuis le début du mouvement à minimiser son ampleur, assurant que les taux de participation à la grève ne dépassent pas 10 % quand les organisations affirment pour leur part qu’elle est suivie à 90 %. L’expertise de certains anesthésistes pourrait enfin se révéler intéressante pour la mise en place de nouvelles organisations. Dans le Figaro, le docteur Jacques Ragni, anesthésiste à l’hôpital Sainte Marguerite à Marseille suggère ainsi : « Il faut que cesse l’hypocrisie de compter le temps de travail en demi-journées, alors que tout le monde raisonne en heures ».

A.H.

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Vos réactions (1)

  • "Grève aux urgences : le ralliement des anesthésistes servira-t-il d’électrochoc ? "

    Le 03 janvier 2008

    Je suis tout à fait d'accord avec les urgentistes et les anesthésistes et pense que les gynéco-obstétriciens et chirurgiens devraient rallier cette cause de la pénibilité du travail de garde.

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