L’obésité aggrave le pronostic cardiovasculaire chez la femme, essentiellement en cas de syndrome métabolique associé

Il a été bien établi que l’augmentation de l’index de masse corporelle (IMC) majore le risque d’atteinte cardiovasculaire (MCV). Par ailleurs, le syndrome métabolique (SM) défini par l’association d’anomalies telles qu’une insulino-résistance, un diabète, une hypertension ou une dyslipidémie majore également le risque de MCV. S’il a enfin été démontré que l’obésité majorait le risque de présenter un SM, tous les obèses n’en souffrent pas, et à l’inverse, le SM est souvent diagnostiqué chez de nombreux patients de poids normal. C’est pourquoi l’étude présentée a deux intérêts : d’une part, elle a inclus 25 626 femmes de plus de 45 ans ne présentant ni cancer, ni diabète ni MCV à l’inclusion, d’autre part, elle s’est attachée à déterminer si l’obésité, représentée par l’IMC, majorait le risque de MCV.

Les patientes ont été classées en six groupes selon leur IMC (<25, de 25 à 29,9 et plus de 30 kg/m2) et la présence ou non d’un SM. Au cours du suivi (médiane 10 ans), 724 accidents cardiovasculaires ont été à déplorer.  Les patientes considérées comme minces et sans SM ont servi de référence. L’ajustement a, entre autres, compris l’âge et le taux d’activité physique.

Par comparaison avec les sujets de référence, le risque des patientes minces avec un SM de développer une MCV est apparu multiplié par 2,40 (intervalle de confiance [1,71 ; 3,37]), celui des patientes en surpoids sans SM par 1,08 (IC [0,87 ; 1,33]), celui des patientes en surpoids avec SM par 3,01 (IC [2,30 ; 3,94]), celui des obèses sans SM par 1,58 (IC [1,21 ; 2,08]) et celui des obèses avec SM par 2,89 (IC [2,19 ; 3,80]). De tels résultats ont été également retrouvés en ce qui concerne le risque de développer une coronaropathie, mais rien de significatif n’a été constaté pour les accidents vasculaires cérébraux. Enfin, bien que le dosage de la CRP ait apporté des informations pronostiques supplémentaires, il n’a que partiellement rendu compte du surrisque dû au SM.

Le syndrome métabolique semble donc responsable de la majeure partie du risque cardiovasculaire associé au surpoids.

Dr Benoît Tyl

Référence
Song Yet coll. : Comparison of Usefulness of Body Mass Index Versus Metabolic Risk Factors in Predicting 10-Year Risk of Cardiovascular Events in Women . Am J Cardiol 2007;100:1654 –1658.

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