L’existence de troubles dépressifs semble influer sur la mortalité liée à la BPCO

Le pronostic de la BPCO est influencé par des facteurs divers et variés. Le rôle des troubles dépressifs ne doit pas être négligé, si l’on en croit les résultats d’une étude de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 610 patients atteints d’une forme sévère de cette maladie respiratoire chronique. Ceux-ci participaient à une étude randomisée, intitulée NETT (National Emphysema Treatment Trial), qui avait pour objectif de comparer le traitement médical standard et la réduction chirurgicale du volume pulmonaire augmenté du fait des lésions emphysémateuses secondaires à la BPCO. Les troubles dépressifs ont été évalués à l’aide du questionnaire spécifique BDI (Beck Depression Inventory). La mortalité au bout d’une et trois années  a été prise en compte, de même que les hospitalisations ou les consultations d’urgence, liées à une aggravation de l’insuffisance respiratoire. Sur les 610 malades traités médicalement, 603 (98,9 %) ont été suivis pendant 3 ans. Dans 40,8 % des cas, il existait, à l’état basal, des symptômes dépressifs légers ou modérés qui ont été répartis en quintiles.

En cas de troubles dépressifs situés dans le quintile supérieur de la distribution de cette variable, le risque d’hospitalisation pour insuffisance respiratoire s’est avéré élevé, en l’occurrence l’odds ratio (OR) qui a atteint 2,26 (versus quintile inférieur de la distribution. Après ajustement en fonction de la sévérité de la maladie, cette relation a cependant perdu toute signification statistique. Seule la mortalité à 3 ans s’est avéré élevée en cas de troubles dépressifs situés dans le quintile supérieur, avec un OR de 2,74 (versus quintile inférieur). Aucune association n’a été mise en évidence entre l’anxiété et le pronostic, notamment vital.

Les troubles dépressifs sont courants au cours des formes sévères de la BPCO. Ils sont rarement pris en compte et traités, alors que leur incidence sur la mortalité à 3 ans ne semble pas être négligeable.

Référence
Fan VS et coll. : Sex, Depression, and Risk of Hospitalization and Mortality in Chronic Obstructive Pulmonary Disease. Arch Intern Med. 2007;167(21):2345-2353.

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