Efficacité de la chimiothérapie adjuvante dans les cancers du sein pauvres en récepteurs aux œstrogènes

L’EBCTCG (Early Breast Cancer Trialists’ Collaborative Group) vient de publier une méta-analyse des essais randomisés intéressant la chimiothérapie adjuvante dans le cancer du sein pauvre en récepteurs aux œstrogènes, ses effets à long terme, et l’impact modificateur de l’âge ou de l’utilisation du tamoxifène.

La méta-analyse a inclus d’une part près de 6 000 femmes atteinte d’un cancer du sein pauvre en récepteurs aux œstrogènes enrôlées dans 46 essais ayant évalué les effets de la polychimiothérapie en comparaison de l’absence de polychimiothérapie (3 000 femmes incluses dans des essais comparant chimiothérapie seule versus absence de traitement adjuvant et près de 3 000 incluses dans des essais comparant chimiothérapie et tamoxifène versus tamoxifène seul) et d’autre part environ 14 000 femmes recrutées dans 50 essais tamoxifène versus absence de tamoxifène (le plus souvent chimiothérapie et tamoxifène versus la même chimiothérapie seule).

La détermination du statut « pauvre » en récepteurs aux œstrogènes des tumeurs s’est fondée sur des mesures effectuées de nombreuses années auparavant, selon des techniques différentes d’un essai à l’autre et parfois même au sein d’un même essai de sorte qu’il s’agissait dans l’ensemble de ces études non seulement de tumeurs sans expression des récepteurs des œstrogènes mais aussi de tumeurs à faible expression ER, et peut-être aussi de tumeurs ER+ avec faux négatifs.

Les résultats montrent, en cas de polychimiothérapie, une réduction significative des récidives, de la mortalité par cancer du sein et de la mortalité toutes causes, et ce chez les femmes âgées de moins de 50 ans à l’entrée dans l’essai et chez celles alors âgées de 50  à 69 ans.
Ainsi, chez les 1 907 femmes âgées de moins de 50 ans, dont 15 % avaient une atteinte ganglionnaire (N+), la méta-analyse des essais évaluant polychimiothérapie versus pas de polychimiothérapie met en évidence, à 10 ans, des risques de récidives de 33 % versus 45 % (ratio de risque à 10 ans = 0,73), de mortalité par cancer du sein de 24 versus 32 % (ratio de risque = 0,73), et de mortalité toutes causes de 25 % versus 33 % (ratio de risque = 0,75). Chez les 3 965 femmes âgées de 50 à 69 ans (58 % N+), les chiffres correspondants étaient : 42 % versus 52 % pour le risque de récidive (0,82), 36 % versus 42 % pour la mortalité par cancer du sein (0,86) et 39 % versus 45 % (0,87) pour la mortalité toutes causes.
Le tamoxifène est apparu avoir peu d’effet sur les récidives et la mortalité de ces femmes présentant une tumeur « pauvre » en récepteurs aux œstrogènes, et n’a pas modifié significativement les effets de la polychimiothérapie.

Cette méta-analyse montre un effet bénéfique substantiel des schémas plus anciens de polychimiothérapie adjuvante sur les risques, à 10 ans, de récidive et de décès en cas de cancer du sein avec ER négatifs ou faiblement exprimés.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Early Breast Cancer Trialists’Collaborative Group (EBCTCG). Adjuvant chemotherapy in œstrogen-receptor-poor breast cancer : patient-level meta-analysis of randomised trials. Lancet 2008 ; 371 : 29-40.

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