Hépatite chronique B : la survie à long terme dépend de l’arrêt de la multiplication virale

Cette équipe de Vérone a voulu évaluer les facteurs de risque de mourir d’une cause hépatique 25 ans après une hépatite B. Leur analyse a porté sur 70 patients caucasiens porteurs d’une hépatite B chronique infectés par un virus sauvage (avec positivité de l’antigène HBe, AgHBe, à l’inclusion) et suivis sur les plans clinique, échographique, biologique et virologique.

Pendant ce suivi, une conversion spontanée dans le système HBe s’est produite dans 61 cas (87 %) : 22,8 ans en médiane après cette séroconversion, 40 (66 %) patients étaient devenus des porteurs inactifs alors que les 21 (34 %) autres avaient une élévation persistante des ALAT.  Parmi ces 21 patients : un (1 %) a séro-converti dans le système HBe, neuf (15 %) avaient un ADN-VHB positif mais avaient un AgHBe indécelable, huit (13 %) étaient infectés simultanément par un ou plusieurs autres virus et 3 (5 %) avaient une stéato-hépatite non alcoolique.

Un décès en rapport avec une cause hépatique est survenu chez 11 (15,7 %) patients, dans 5 cas en rapport avec un carcinome hépatocellulaire et dans 6 cas avec une insuffisance hépatocellulaire.

La probabilité de survie à 25 ans est apparue être de 40 % chez les patients qui sont restés AgHBe positifs et de 50 % chez ceux ayant une hépatite chronique AgHBe négative ou avec une séroconversion dans le système HBe. Cette probabilité de survie était de 95 % chez les porteurs inactifs.

L’âge élevé, le sexe masculin, la présence d’une cirrhose à l’entrée dans l’étude et l’absence de rémission étaient des facteurs prédictifs de mortalité indépendants.

Le risque relatif de mourir d’une cause hépatique (avec l’IC95%) était de 33 (3,01-363) en cas de persistance de l’antigène HBe et de 38,73 (4,65-322) en cas de négativité ou de séroconversion pour l’antigène HBe, par rapport aux porteurs inactifs.
 
Cette étude montre que la plupart des patients qui convertissent dans le système HBe deviennent des porteurs inactifs et ont une excellente probabilité de survie à 25 ans.

Le risque de mortalité en rapport avec une cause hépatique est fortement corrélé avec la persistance d’une maladie active et avec une virémie élevée indépendamment du statut HBe.

Cette étude manque un peu d’effectifs pour avoir une bonne robustesse, comme l’illustre la largeur des intervalles de confiance, mais elle apporte des données intéressantes sur la survie à long terme des patients atteints d’hépatite chronique B.

Pr Marc Bardou

Référence
Fattovich G et al. “Long-term outcome of chronic hepatitis B in Caucasian patients: mortality after 25 years.” Gut 2008; 57: 84-90

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