Valeur pronostique du volume tumoral résiduel après chimiothérapie dans le cancer du sein

Il est admis que la réponse tumorale à la chimiothérapie est corrélée à la survie à long terme ; il en est ainsi, dans le cancer du sein (KS), aussi bien de la réponse histologique complète (RHC) avec disparition de toute trace tumorale intra-mammaire (pT0) que de la stérilisation des ganglions axillaires. Mais ces notions de RHC ou de résidu tumoral (RT) sont un peu trop simplistes car il existe de nombreux intermédiaires entre les deux ; c’est pourquoi les auteurs ont proposé de mesurer le volume tumoral résiduel (VTR) en tenant compte de la fraction de cellules malignes infiltrantes, du volume tumoral initial, et du statut axillaire (nombre et taille des ganglions).

Les coupes histologiques de 382 patientes qui avaient subi un traitement préopératoire à base de paclitaxel, puis de fluoro-uracile, doxorubicine et cyclophosphamide (FAC) pour 241 d’entre elles et « seulement » de FAC pour les autres ont été revues. En cas de récepteurs hormonaux positifs, du tamoxifène a été prescrit pendant 5 ans. Le VTR a été calculé selon une formule complexe faisant intervenir le diamètre du lit tumoral initial d1, la proportion de ce lit contenant des cellules malignes f1,le nombre de ganglions axillaires envahis N et le diamètre du plus volumineux d’entre eux d2 :
 VTR= 1.4(f1d1)0.17 + [4 (1-0.75N) d2]0.17

Ce calcul s’est avéré valable pour l’évaluation du pronostic ; en effet, chaque fois que le VTR augmente d’un point, le risque de récidive double. Ceci est encore plus flagrant chez les patientes qui n’ont pas reçu de traitement hormonal. En analyse multivariée, après inclusion de différents paramètres (âge, stade clinique avant traitement, présence ou non de récepteurs hormonaux), la valeur calculée du VTR reste un élément pronostique essentiel. Les malades dont le VTR est bas ont la même survie que celles qui ont une RHC alors que celles qui ont un VTR élevé ont un pronostic sombre, indépendamment des autres facteurs de risque (récepteurs hormonaux, traitement hormonal adjuvant, type histologique du cancer). Cette notion a été validée ensuite sur la cohorte témoin de 141 femmes traitées par FAC.

En conclusion, le volume tumoral résiduel après chimiothérapie néoadjuvante, déterminé par ce calcul, est un paramètre prédictif très significatif de la survenue de récidives locales ou métastatiques, et peut permettre de distinguer 2 catégories de malades, les unes pratiquement stérilisées par la chimiothérapie, les autres résistantes à cette thérapeutique.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Symmans WF et coll. : Measurement of residual breast cancer burden to predict survival after néoadjuvant chemotherapy. J Clin Oncol., 2007 ; 25 : 4414-22.

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