Davantage d’événements cardiovasculaires en cas de résistance à l’aspirine !

L’efficacité à long terme de l’aspirine (A) dans la réduction du risque d’infarctus du myocarde, d’accidents ischémiques et de décès d’origine vasculaire chez les patients porteurs de cardiopathies ischémiques n’est plus à démontrer. Cependant, un nombre important de patients sous A est victime d’accidents vasculaires sévères chaque année. Par conséquent, d’autres traitements antiplaquettaires sont prescrits en association à l’A dans certains cas. Il est donc nécessaire de savoir pourquoi certains patients ne bénéficient pas pleinement de la prévention par l’A. A l’heure actuelle, il existe peu de données sur les tests à effectuer pour identifier les malades pouvant être considérés comme résistants à l’A (RAA). De plus, il existe peu d’études ayant évalué l’effet de la RAA sur la survenue d’événements cardiovasculaires (ECV) sévères.

Une équipe canadienne, conduite par Krasopoulos, a donc réalisé une revue systématique et une méta-analyse des essais ayant étudié la relation entre la RAA et la survenue d’ECV. Au total, 20 études ont été sélectionnées, comprenant 2 930 patients présentant une pathologie cardiovasculaire. Dans la majorité des études, la posologie de l’A était comprise entre 75 et 325 mg par jour. Dans 6 études, un traitement antiplaquettaire avait été associé. L’observance au traitement avait été confirmée directement dans 14 études et par téléphone ou par entretiens dans 3 études. Dans les 3 essais restants, les informations étaient insuffisantes pour évaluer l’observance. En tout, 810 patients (28 %) avaient été classés comme RAA. La RAA était moins fréquente chez les hommes que chez les femmes (p < 0,001) et plus fréquente chez les patients ayant des antécédents de troubles rénaux (p < 0,03). Un ECV est survenu chez 39 % des RAA contre 16 % des patients sensibles à l’A (SAA) (OR = 3,85 ; IC 95 % : 3,08 – 4,80). De même, le risque de mortalité était plus élevé chez les malades RAA (OR = 5,99 ; IC 95 % : 2,28 – 15,72) par rapport aux patients SAA, ainsi que celui des syndromes coronaires aigus (OR = 4,06 ; IC 95% : 2,96 – 5,56). L’analyse n’a pas montré de relation dose-réponse entre la RAA et la survenue d’ECV, que ce soit chez les sujets sous A seule ou en association avec un autre antiplaquettaire. Enfin, cette association à un autre antiplaquettaire ne s’est pas révélée efficace chez les patients RAA.

Cette étude semble donc montrer que la résistance à l’aspirine, mesurable par un certain nombre de tests biologiques, est associée à une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires. Ainsi, les patients résistants à l’aspirine présentent un risque plus élevé de morbidité et mortalité cardiovasculaire que les ceux qui y sont sensibles.

Dr Khodor Chatila

Références
Krasopoulos G et coll. : Aspirin "resistance" and risk of cardiovascular morbidity: systematic review and meta-analysis." BMJ 2008, en ligne avant publication le 17 janvier, BMJ, doi:10.1136/bmj.39430.529549.BE.

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