Urgentistes : rencontre au ministère sous haute tension

Paris, le jeudi 31 janvier 2008 – Patrick Pelloux, président charismatique de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) dont on devine facilement qu’il n’est pas un soutien fidèle à Nicolas Sarkozy en viendrait presque, pourtant, à regretter l’omni-présidence ! Après que les représentants de la Fédération de la permanence des soins hospitalière (FPSH) ont été reçus ce lundi 28 janvier par le service de sécurité du ministère de la Santé, Patrick Pelloux a en effet remarqué : « Il serait temps que le président de la République s’intéresse à ce qui se passe avenue de Ségur ». Derrière cet appel déguisé au chef de l’Etat, se lit la dénonciation de la gestion de la crise par Roselyne Bachelot et son équipe, dont le président de l’AMUF assure, cité par le Quotidien du médecin qu’il s’agit du « cabinet le plus catastrophique jamais vu ».

La FPSH reste à la porte des négociations…

Dès les premières heures de la grève initiée par la FPSH, des tensions se sont fait jour entre le ministère de la santé et les cinq organisations* qui composent cette nouvelle fédération née le 16 novembre 2007. Des contestations concernant le niveau de participation à la grève ont notamment été entendues dès les premières heures du mouvement, initié le 24 décembre, tandis que le ministère de la Santé a ensuite refusé de convier à la table des négociations les représentants de la FPSH lors des discussions sur le rachat des comptes épargnes temps (CET). La semaine dernière, Roselyne Bachelot tentait cependant un geste en direction de la FPSH en l’invitant à participer à une première réunion le 25 janvier, afin d’initier une « concertation approfondie sur les conditions d’implication des praticiens dans la permanence des soins hospitalière et la prise en charge des soins non programmés ». Bien que de l’avis du docteur Michel Dru, président du SNPHAR (qui ne participe plus à la grève depuis le 16 janvier), cette invitation restait un peu « sibylline », la FSPH ne manqua pas de se féliciter de cette « première étape dans la reconnaissance » de son existence.

… et du ministère !

Ce fut une reconnaissance en fanfare ! Après « deux heures de discussion avec la Direction de l’hospitalisation (DHOS) et de l’organisation des soins » selon un communiqué diffusé ce vendredi par la FSPH, cette dernière avoue elle-même avoir « envahi le cabinet du ministre ». L’objectif était de mettre un terme à des discussions stériles et de faire valoir leurs principales revendications, à savoir : « le décompte horaire du temps de travail des médecins de la permanence des soins et la valorisation de la contrainte au temps et de la pénibilité de la permanence des soins hospitaliers ». Bien décidée à imposer ses règles, la FSPH signifia aux deux membres présents du cabinet, qu’elle attendait leurs propositions le lundi à 11 heures. C’est donc sans surprise qu’ils gagnèrent l’avenue de Ségur ce lundi 28 janvier. « Sous la surveillance des agents de sécurité du ministère et de deux charmants fonctionnaires des renseignements généraux », ils durent d’abord attendre, avant que ne vienne à leur rencontre, l’adjointe à la directrice de la DHOS. Cette dernière, Madame d’Antume indiqua que le cabinet refusait de les recevoir et proposa une réunion le jeudi 31 janvier, tout en précisant qu’elle « n’avait aucun mandat pour négocier ». Cette proposition fut rejetée, tout comme celle faite quelques heures plus tard, par un membre du cabinet de Roselyne Bachelot, qui acceptait lui aussi une rencontre mais sans négociation. Pourtant, à la faveur d’une « manifestation » symbolique et improvisée des membres de la FSPH devant Matignon ce même lundi 28 janvier, le ministre de la santé a finalement chargé « son cabinet et la DHOS » de recevoir la fédération ce jeudi après-midi afin « d’évoquer les perspectives et les conditions d’examen de [ses] revendications » dans le cadre du groupe de travail sur la permanence de soins. Cet ordre du jour apparaît satisfaire à plus d’un titre la FSPH qui se félicite notamment de voir que ses « revendications » devraient être officiellement évoquées. La colère n’en reste pas moins importante. Dans son communiqué daté de lundi, la FSPH s’inquiète notamment de cette situation de blocage révélatrice selon elle de « la faiblesse politique étonnante face à la situation actuelle des hôpitaux ».

A.H.

Référence
* Association des médecins urgentistes de France (AMUF), le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs (SNPHAR), le Syndicat des médecins anesthésistes réanimateurs non universitaires (SMARNU), le Syndicat des médecins des hôpitaux privés à but non lucratif (SYMHOSPRIV) et le Samu de France.

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