Les adolescents n’hésitent pas à se doper !

Selon des statistiques récentes 65 à 89 % des sportifs de haut niveau dans les universités américaines utilisent des substances pour accroître leurs performances. Ce sont  soit des suppléments alimentaires, soit des hormones ou des médicaments qui produisent des  effets similaires, comme les stéroïdes anabolisants (ceux-ci étant interdits par les fédérations sportives). En dépit des effets secondaires et des risques potentiels de ces substances, beaucoup continuent à les consommer tout en cherchant évidemment à le dissimuler.

Le but de cette étude américaine a été de déterminer si cette pratique, courante dans l’enseignement supérieur, existe également chez les élèves plus jeunes, lycéens ou collégiens et d’examiner le niveau (et l’origine) des connaissances de ces adolescents sur les suppléments alimentaires et les stéroïdes anabolisants.

L’enquête  a été conduite en 2005-2006 dans 12 états des USA et a concerné 3 248 élèves (48 % de garçons, 52 % de filles).  Après consentement parental, il leur a été demandé, au sein de l’établissement scolaire, de remplir un questionnaire de 42 items destinés à recueillir, outre les données démographiques, des informations sur les suppléments alimentaires et stéroïdes anabolisants utilisés, le niveau et les sources de connaissances des élèves, les sports pratiqués et leur intensité.

L’utilisation d’au moins un supplément alimentaire a été rapportée par 71,2 % des élèves, les plus populaires étant les préparations multivitaminiques et les boissons énergétiques. Le recours à des suppléments destinés à accroître la masse et la force musculaire et à réduire les graisses corporelles était plus fréquent chez les garçons que chez les filles et chez les plus âgés. En ce qui concerne les stéroïdes anabolisants, 2,4 % des garçons et 0,8 % des filles (pourcentages inférieurs à ceux retrouvés par d’autres études) signalaient en avoir consommé. Le nombre de suppléments alimentaire utilisés était corrélé à la prise de stéroïdes et ceci davantage chez les garçons que chez les filles. Les adolescents interrogés, ont semblé en général prêts à prendre des risques pour atteindre le niveau de compétition ou de forme physique souhaité, même si cela devait retentir sur la santé ou même entraîner une mort prématurée. C’étaient les enseignants et les parents qui fournissaient le plus fréquemment des informations sur ce sujet, progressivement remplacés  par les amis, les entraîneurs et les sites internet à mesure que les élèves prenaient de l’âge.

Les adolescents ne semblent donc pas hésiter à consommer des suppléments nutritionnels, voire des stéroïdes anabolisants susceptibles de nuire à leur santé ou de raccourcir leur durée de vie pourvu qu’ils augmentent leurs performances physiques. Ceci souligne la nécessité  d’une implication accrue des enseignants, des entraîneurs, des médecins (et des parents !) pour apporter une information précise sur les dangers encourus.
Si les boissons toniques et des vitamines peu dosées peuvent apparaître relativement innocentes, il n’en est pas de même pour les stéroïdes anabolisants dont les effets secondaires peuvent être graves.

Dr Serge Brugier

Références
Hoffman JR et coll.: Nutritional Supplementation and Anabolic Steroid Use in Adolescents
Medicine and Science in Sports and Exercise 2008 ; 40 : 15-24

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