Urgentistes : le temps de la concertation enfin venu

Paris, le lundi 4 février 2008 – Il est difficile aujourd’hui de faire la une des journaux pendant plus de vingt-quatre heures. Ainsi, la grève des urgentistes entamée le 24 décembre dernier n’aura pas longtemps retenu l’attention des médias, malgré l’engagement une nouvelle fois dans ce combat de Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). Profitant de ce relatif désintérêt et compte tenu du fait qu’un mouvement de grève dans les hôpitaux ne peut jamais qu’être symbolique, le ministre de la Santé a longtemps refusé de prendre en considération les nouvelles revendications des médecins urgentistes. Ainsi, le dialogue aura été rompu avant même d’avoir été ouvert entre la Fédération de la permanence des soins hospitalière (FPSH) (organisation récemment constituée à l’origine du mouvement) et les pouvoirs publics. La semaine dernière a vu le point culminant de cette incompréhension : alors que les représentants des urgentistes se pressaient sous les fenêtres de l’Avenue de Ségur, ils ont été reçus par le service d’ordre du ministère ! Ce jeudi 31 janvier a cependant enfin permis aux urgentistes et aux représentants du cabinet de se rencontrer, afin de déterminer les bases d’une réelle négociation. Un projet de « protocole d’accord relatif à l’engagement d’une concertation concernant la permanence des soins » a même été envoyé aux syndicats membres de la FPSH ce vendredi 1er février. Il propose notamment d’évoquer la question du « décompte du temps de travail », celle, si souvent dénoncée par les urgentistes, de la pénibilité et de revenir sur « les conditions de valorisation des périodes de permanence sur place ». Ce projet de protocole indique enfin que le calendrier devra être prochainement déterminé.

Arrêt de la grève ?

Le texte a suscité l’attention des urgentistes qui soulignent cependant que « le décompte horaire du temps de travail est indispensable » et qui rappellent que la valorisation de la permanence des soins doit se faire en respectant « le principe d’équité avec les hospitaliers universitaires ». Ils espèrent également pouvoir très prochainement disposer « d’une date butoir claire ». Pour l’heure, le projet de protocole est soumis à la concertation des membres de la FSPH. Il reviendra notamment à ces derniers de décider si l’arrêt de la grève demandé par le ministère de la santé comme préalable indispensable à toutes discussions est réellement envisageable. Il semble que les responsables de la fédération préféreraient une « suspension » plutôt qu’une réelle fin du mouvement.

A.H.

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