Davantage de complications postopératoires dans les RCH traitées par anti-TNF alpha

Le traitement de la rectocolite ulcéro-hémorragique (RCH) fait appel d’abord à l’acide 5-aminosalicylique (5-ASA), puis aux corticoïdes et aux immunomodulateurs (azathioprine, 6-mercaptopurine). Récemment, l’infliximab (IFX), un anticorps monoclonal chimérique qui inhibe l’activité fonctionnelle du TNF- α (tumor necrosis factor), et qui était utilisé dans la maladie de Crohn, a été proposé dans la RCH. Ce médicament, généralement bien supporté, peut cependant entraîner des effets indésirables : infections virales, céphalées.

Si bien utilisé qu’il soit, le traitement médical de la RCH échoue souvent et 1/3 des malades devront subir une coloproctectomie totale avec anastomose iléo-anale sur réservoir (CPTR), qui consiste à fabriquer un réservoir avec l’iléon terminal après exérèse du côlon et du rectum, et à l’anastomoser à l’anus. Cette intervention, réalisée en 2 temps (l’iléostomie qui termine le 1er étant fermée dans le second, 3 mois plus tard) est toutefois grevée d’un certain nombre de complications (fistules, sepsis, occlusions) et cette étude a cherché à déterminer si leur incidence était modifiée par les perfusions d’IFX préopératoire.

On a donc comparé les suites de 47 malades (groupe G1) ayant subi une CPTR après avoir reçu de l’IFX avec celles de 254 autres (groupe G2) qui n’en avaient pas reçu avant la CPTR.

Les 2 groupes étaient comparables en termes de sex ratio, d’indice de masse corporelle et d’étendue de la RCH ; en revanche, les malades du G1 étaient plus jeunes de 11 ans, avaient une colite plus sévère, encore que jamais fulminante, et l’indication y  était plus souvent fondée sur l’échec du traitement médical ; celui-ci était plus lourd dans le G1 (association IFX avec 5-ASA, corticoïdes à hautes doses et azathioprine) que dans le G2.

Si la mortalité a été nulle, et le taux de complications générales comparable dans les 2 groupes, en revanche on a noté davantage de complications infectieuses dans le G1 (fistules anastomotiques, abcès, pelviens ou superficiels). L’analyse multivariée listant plusieurs facteurs susceptibles d’influer sur les infections (âge, sexe, indice de masse corporelle, prise d’azathioprine..) a trouvé que l’IFX était la seule variable indépendante qui augmentât leur incidence, quelle que fût la sévérité de la maladie.

Le taux de complications infectieuses est plus lourd après coloproctectomie et anastomose iléo-anale avec réservoir chez les patients préalablement traités par infliximab.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Selvasekar CR et coll. : Effect of infliximab on short-term complications in patients undergoing operation for chronic ulcerative colitis
J Am Col Surg. 2007 ; 204 : 956-63.

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