Les premiers pas du rituximab dans la sclérose en plaques

Il faut traiter tôt et de la manière la plus efficace! Voici le nouveau mot d’ordre pour la prise en charge de la sclérose en plaques (SEP). Après « les années interféron », une nouvelle ère thérapeutique semble s’ouvrir, celle des anticorps monoclonaux. Elle a débuté avec le natalizumab qui, malgré le risque exceptionnel de complications sévères à type de leucoencéphalopathie multifocale progressive auquel il expose, ne semble pas avoir découragé les premiers prescripteurs. D’autres pistes sont actuellement testées et une des plus intéressantes est celle du rituximab. Cet anticorps chimérique humanisé est utilisé avec succès dans des pathologies néoplasiques comme le lymphome mais aussi dans des pathologies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde. Il est dirigé contre l’antigène CD20 marqueur des lymphocytes B entraînant une déplétion drastique de ceux-ci. Mais quel peut alors être l’intérêt de cette molécule dans la SEP, considérée comme une affection liée aux lymphocytes TH1? Comme souvent en médecine, on a tendance à privilégier un seul mécanisme et orienter la recherche sur une piste préférentielle. Or on sait depuis de nombreuses années qu’il existe des clones de lymphocytes B activés dans les plaques et les liquides biologiques. L'aspect oligoclonal du LCR est par ailleurs un élément diagnostique important. C’est pour cette raison que des équipes ont testé le rituximab dans la SEP d’abord dans des études pilotes.

Une étude en phase II en double aveugle vient d’être publiée dans le New England Journal of Medecine confirmant les premiers résultats. Soixante-neuf patients ont reçu 1 g de rituximab à J1 et J15 et 35 du placebo. Tous ont eu une évaluation clinique, IRM à 12, 16, 20 et 24, 28, 36 et 48 semaines. Dès la 12ème semaine, il a été mis en évidence sous rituximab une diminution particulièrement signification du nombre des lésions prenant le gadolinium (diminution de 95 %!). Le nombre de poussées était aussi  diminué à la semaine 24 (14,5 % vs. 34,3 %, p= 0,02) et à la semaine 48 (20,3 % vs. 40,0 %, p = 0,04). Les effets indésirables étaient plus fréquents dans le groupe traité à la première injection mais étaient comparables à la deuxième perfusion. Cette étude étant de phase II, les objectifs étaient limités et l’amplitude des résultats n’a pas été comparée à celle du natalizumab. Les auteurs concluent que ces résultats sont suffisamment intéressants pour débuter d’autres études avec un suivi plus long.

Dr C Geny

Références
Hauser SL, Waubant E, Arnold DL et coll. for the HERMES Trial Group : B-Cell Depletion with Rituximab in Relapsing–Remitting Multiple Sclerosis N Engl J Med 2008;358:676-88.

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