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Les anti-inflammatoires non stéroïdiens protègent-ils du cancer du sein ?

Publié le 25/02/2008 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont déjà fait couler beaucoup d’encre, mais le sujet semble inépuisable. Certaines études ont mis en évidence une association entre la prise de ces médicaments et le risque de cancer du sein, alors que d’autres ont abouti à des résultats non concluants. La situation est donc confuse.
Au sein d’une étude de cohorte multi-ethnique, de type cas-témoins, composée d’Afro-américains, de Caucasiens, de Japonais Américains, de Latins et d’Hawaïens, ont été recueillis tous les cas de cancer du sein survenus entre 1993 et 2002. L’exposition antérieure aux AINS a été évaluée au moyen d’autoquestionnaires remplis entre 1993 et 1996. Les données ont été soumises à une analyse multivariée selon le modèle des risques proportionnels de Cox.
Cette analyse a montré qu’il n’existait aucune relation significative entre le risque de cancer du sein et la durée de l’exposition à l’aspirine, qu’elle soit passée (risque relatif [RR]=1,05) ou encore actuelle (RR=1,04), mais aussi prolongée (RR=1,27 pour une exposition > 6 ans) (versus témoins).
Il en va différemment pour les autres AINS couramment utilisés qui semblent bien exercer un effet protecteur vis-à-vis du risque de cancer du sein, le RR correspondant étant de 0,70, pour peu que la durée de l’exposition à ces médicaments ait été > à 6 ans ; p=0,01). Cette association n’a pas été observée pour une exposition plus brève (RR=0,90).
Les analyses complémentaires en fonction de l’ethnie et du statut des récepteurs hormonaux ont, en outre, montré que cet effet protecteur inattendu ne concernait que les populations Caucasiennes et les Afro-américaines et les femmes dont les tumeurs présentaient des récepteurs hormonaux positifs. Les résultats de cette étude cas-témoins laissent dubitatifs, ne serait-ce que du fait de la méthodologie et des biais multiples greffés sur cette approche. Les hypothèses qu’elle engendre doivent être vérifiées par des études de cohorte longitudinales.

Dr Peter Stratford


Gill JK et coll. : Nonsteroidal Antiinflammatory Drugs and Breast Cancer Risk. The Multiethnic Cohort. Am J Epidemiol 2007 ; 166 : 1150-1158.




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