La pseudopolyarthrite rhizomélique selon Delphi

La méthode Delphi a été développée afin de mettre en évidence des convergences d’opinion et de dégager certains consensus en vue d’une aide à la décision sur des sujets précis, en interrogeant des experts. Des questionnaires successifs leur sont envoyés afin de diminuer la dispersion des opinions et de déterminer l’opinion consensuelle médiane. Au cours du deuxième tour, les experts, informés des résultats du premier tour, doivent fournir une nouvelle réponse et sont tenus de la justifier si elle dévie par rapport au groupe. Au cours du troisième tour, chaque expert doit commenter les arguments des « déviants ». Enfin le quatrième tour apporte la réponse définitive : opinion consensuelle médiane et dispersion des opinions (intervalles interquartiles). L’un des avantages du Delphi est la quasi certitude d’obtenir un consensus à l'issue des questionnaires successifs (mais convergence ne signifie pas nécessairement cohérence). D’autre part plusieurs contraintes limitent la portée de la méthode qui se révèle longue, coûteuse, fastidieuse ...

Quoi qu’il en soit, c’est cette méthode que l’American College of Rheumatology Work Group for Development of Classification Criteria for PMR dirigé par B. Dasgupta a utilisé pour donner une certaine cohérence aux critères ACR de diagnostic de la pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR). Pour ce faire, l’équipe a rassemblé 68 critères présentés à 111 rhumatologues et 53 non-rhumatologues américains et européens, pour en valider 50 après le deuxième tour, parmi lesquels 43 étaient approuvés par au moins 50 % des experts et 10 par l’ensemble de ces experts. Au troisième tour, 7 critères ont été validés par au moins 70 % des experts, à savoir un âge ≥ 50 ans, une durée ≥ 2 semaines, une douleur scapulaire bilatérale et/ou de la ceinture pelvienne, une raideur matinale de plus de 45 minutes, une augmentation de la vitesse de sédimentation et de la CRP, et une réponse rapide au traitement par corticostéroïdes (réponse globale > 75 % dans la semaine après mise en route de la prednisolone/prednisone à raison de 15–20 mg/jour). Sur le plan clinique, les experts attribue une importance capitale à la douleur et à la limitation fonctionnelle des deux ceintures et une importance marginale aux signes périphériques tels que syndrome du canal carpien, ténosynovite et arthrite périphérique.

Reste encore à définir le traitement, pour lequel les premiers éléments de la méthode utilisée ne permettent pas de tirer de conclusions…

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Références
Dasgupta B et coll. : Developing classification criteria for polymyalgia rheumatica: comparison of views from an expert panel and wider survey. J Rheumatol 2008 ; 35 (2) : 270-7.

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