Imatinib en phase chronique tardive : survie favorable des patients en réponse cytogénétique complète stable.

Avant de démontrer sa supériorité face à l’association d’interféron alpha et d’aracytine dans la leucémie myéloïde chronique (LMC) en phase chronique nouvellement diagnostiquée (phase chronique précoce : ECP), l’imatinib avait prouvé son utilité en termes de réponses et de survie chez les patients en phase chronique tardive (LCP), en échec ou intolérants à l’interféron alpha. Cependant, le taux de réponse cytogénétique complète (RCC) est moindre que lorsque l’imatinib est prescrit en première ligne, de l’ordre de 40 à 60 %. Les auteurs ont donc voulu savoir si dans les LMC-LCP, les RCC étaient stables, et si elles conféraient un avantage de survie similaire à celui observé dans les LMC-ECP.

Une série de 277 patients a été analysée, avec un taux de RCC de 55 % (n=153). Parmi les 153 malades en RCC, 106 ont obtenu la RCC dans la première année de traitement par imatinib (répondeurs précoces) et 47 après la première année de traitement par imatinib (répondeurs tardifs entre 13 et 62 mois). Après 6 ans de traitement par imatinib, 77 % des sujets ayant obtenu la RCC étaient en RCC persistante, que la RCC ait été obtenue de manière précoce ou tardive. La durée de RCC ne semblait pas dépendre de la durée d’évolution de la LMC avant mise en route de l’imatinib. La maladie résiduelle a été mesurée par PCR quantitative à différents temps après la RCC chez 115 patients dont 75 jusqu’à 48 à 60 mois. Vingt et un pour cent des malades en RCC n’ont jamais atteint la réponse moléculaire majeure (RMM : bcr-abl/abl <= 0,1 % IS) et seulement 38 % des RMM se sont avérées stables. Il est très important de noter que la vaste majorité des patients n’ayant pas obtenu la RMM ont perdu leur RCC. Un seul patient a obtenu la réponse moléculaire complète de façon stable. A 6 ans, la survie sans progression vers les phases accélérées ou blastiques était de 90 % chez les 153 patients ayant obtenu la RCC alors qu’elle n’était que de 44 % chez les patients n’ayant jamais atteint la RCC. L’impact de la réponse moléculaire sur la survie n’est pas analysé dans cette étude. Le devenir des patients traités par imatinib en phase chronique tardive de LMC est donc favorable, à condition que la RCC soit obtenue et stable. Cependant, une vaste majorité des patients semble garder à long terme, une maladie résiduelle détectable.

Dr Delphine Rea

Références
Palandri F et coll. : Long-term outcome of complete cytogenetic responders after imatinib at 400mg in late chronic phase, Philadelphia-positive chronic myeloid leukaemia: the GIMEMA working party on CML. JCO. 2008 ; 26 :106-111.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article