La maladie d’Alzheimer a (déjà) sa « carte de soins et d’urgence »

Paris, le lundi 3 mars 2008 – Les retards pris dans l’annonce du plan dédié à la maladie d’Alzheimer par le président de la République, Nicolas Sarkozy, ont été regrettés par plusieurs associations. Ces dernières sont cependant heureuses de constater aujourd’hui que ces couacs initiaux ont laissé la place à un réel dynamisme, face, tout du moins, à certaines mesures phares du plan Alzheimer. C’est ainsi que parmi les mesures préconisées par le professeur Joël Ménard en novembre dernier et reprises par le plan définitif, figurait l’élaboration pour tous les patients d’une « carte de soins et d’urgence de la maladie d’Alzheimer ». Ce document qui est destiné à faciliter la prise en charge des patients se justifie par le fait que « plus de 15 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer consultent les urgences hospitalières en raison de complications intercurrentes ou d’aggravation de leur état de santé », assure le ministère de la Santé. En collaboration avec l’association France Alzheimer, cette carte, est d’ores et déjà, prête à être distribuée.

Une carte pour une maladie pas si rare

Bien que les enjeux entre les pathologies orphelines et la maladie d’Alzheimer ne soient pas exactement similaires, cette « carte de soins et d’urgence » se dessine sur le même modèle que celles dédiées aux maladies rares et qui doivent être mises en place (non sans retard pour certaines d’entre elles) dans le cadre du Plan national maladies rares. Ainsi, ce document est « personnel, confidentiel et soumis au secret médical » rappelle le ministère. Il se compose d’un « volet informations » qui propose une série de conseils aux patients et aux proches et récapitule les adresses les plus importantes. Par ailleurs, un « volet soins », destiné aux professionnels de santé, reprend l’ensemble des coordonnées du malade et énumère une « série de recommandations sur la prise en charge en situation d’urgence ».

Les proches : des interlocuteurs incontournables

Face à la maladie d’Alzheimer, cette carte liste dix situations d’urgence différentes. La conduite à tenir face à « des troubles du comportement d’apparition récente » est ainsi d’abord rappelée : il est notamment recommandé « de ne jamais attribuer un trouble aigu à une évolution habituelle de la maladie » et de « rechercher systématiquement la cause qui peut être une prise de toxiques (…), une infection intercurrente » ou encore « l’expression d’une douleur dont il faudra recherche l’origine ». Le document émet également parallèlement une série de recommandations face « aux troubles du comportement d’apparition progressive ». On retrouve par la suite la présentation de règles à suivre « en cas d’anesthésie générale » (les contentions sont à éviter « le plus possible »), « de douleur ou de situations potentiellement douloureuses » (il faut limiter les traitements agissant sur le système cholinergique) ou encore de somnolence. Les dernières situations d’urgence évoquées sont l’encombrement bronchique, le refus alimentaire, la perte de poids significative, la chute et la chute avec malaise. Face à l’ensemble de ces événements et plus spécifiquement en cas « d’urgence particulière », il est souvent conseillé aux personnels soignants de « s’aider d’un proche pour mieux répondre aux besoins du malade et limiter le plus possible l’attente ». Le ministère de la santé indique aujourd’hui que 150 000 cartes seront éditées en 2008.

A.H.

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