La fibrillation auriculaire (FA) constitue un problème majeur en
santé publique. Sa prévalence ne cesse d’augmenter du fait du
vieillissement de la population mondiale. Le traitement
anticoagulant qui repose sur les AVK est recommandé dans certains
cas afin de réduire le risque de complications emboliques. En dépit
du risque d’hémorragies, ce traitement est théoriquement indiqué
chez le sujet âgé. Il n’est pas certain cependant que l’âge en
lui-même soit associé à une augmentation du risque de thrombus
auriculaire gauche et les recommandations actuelles relèvent plus
de l’empirisme que des certitudes thérapeutiques.
Une étude d’observation illustre la problématique actuelle. Elle a
inclus 381 patients atteints d’une FA, répartis en 2 groupes en
fonction de l’âge : (A) : < 75 ans (n=381) ; (B) ≥ 75 ans
(n=124).
Léchographie transœsophagienne systématique a permis
d’identifier un TOG chez 30 patients (7,9 %) , versus 8,1 % dans le
groupe A et 7,2 % dans le groupe B (p= NS). Cette complication n’a
pas été mise en évidence en cas de FA isolée.
La présence d’un TOG en cas de FA associée ou non à une
valvulopathie ne semble pas être liée à l’âge du malade. Le
principal facteur de risque serait en fait la cardiopathie
sous-jacente. De ce fait, avant d’envisager un traitement
anticoagulant chez le sujet âgé, il importe d’évaluer soigneusement
le rapport bénéfice/risque qui dépend en partie de la pathologie
cardiovasculaire associée, en se remémorant que certaines
cardiopathies sont plus emboligènes que d’autres.
Dr Philippe Tellier
Mazouz B et coll. : Age alone is not a risk factor for left atrial thrombus in atrial fibrillation. Heart 2008 ; 94 : 197-9
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