Los Angeles, le mardi 11 mars 2008 – En ouverture du site http://www.23andme.com,
on peut lire en filigrane : « Il y a 200 000 ans, les homo
sapiens marchaient sur la terre » ou ailleurs sur la même page
: « En 1866, Gregor Mendel découvrait les lois de
l’hérédité » ou se rappeler d’événements plus récents : «
En 2003, l’Human Genome Project établissait la carte du génome
humain ». L’ensemble de ces informations est difficile à
déchiffrer, mais en caractères bien plus gros et en une couleur
éclatante on apprend une information qui se veut aussi capitale que
les précédentes : « En 2007 : 23andMe créait le premier «
Personal Genome Service ». Découvrez grâce à lui les secrets de
votre propre ADN. Aujourd’hui ».
« Tout simplement cracher »
Comme le révèle cette ingénieuse présentation, www.23andMe.com a en effet vu le
jour en Californie en novembre 2007, créée par deux femmes, Linda
Avey et Anne Wojcicki et bénéficie d’une belle hérédité, puisque
cette dernière n’est autre que l’épouse de Serguei Brin, l’un des
fondateurs de Google. Le principe de www.23andMe.com est simple : il
vous propose d’établir votre carte génétique personnelle. Pour ce
faire, il suffit d’acheter pour 999 euros un kit d’analyse et de «
tout simplement cracher dans le tube en plastique compris dans
le kit que vous avez reçu » explique la présentation du
portail. C’est à partir de cet échantillon de salive que les
équipes scientifiques de 23andMe basées dans la Silicon Valley en
Californie, vont procéder à l’extraction et à l’analyse de l’ADN.
Le site indique même le nom du procédé utilisé par ses laboratoires
l’ « Illumina HumanHap550+Bead Chip » qui permet
d’identifier les polymorphismes de plus de 550 000 nucléotides.
Cette première grille de lecture est couplée à un processus propre
à 23andMe qui permet d’analyser 30 000 nucléotides supplémentaires.
Lorsque la carte de votre génome est établie, elle est mise sur une
base informatique sécurisée. C’est grâce à un login personnel que
l’on peut explorer les mystères de son ADN, connaître « ses
origines, apprendre quelles conséquences les dernières découvertes
génétiques peuvent avoir pour soi et découvrir ses éventuelles
ressemblances génétiques avec ses amis, sa famille et d’autres
personnes à travers la planète ». En effet, la première
originalité de www.23andMe.com est de mettre en
réseau ses utilisateurs : si on le souhaite et de façon toujours
sécurisée on peut ainsi lire la carte génétique de ses proches et
faire découvrir la sienne à son entourage, créant ainsi un
véritable « facebook génétique » ! La présentation indique
également que l’on peut être tenu régulièrement informé des
découvertes génétiques susceptibles de nous intéresser directement.
Ce petit passage en revue des différentes fonctionnalités du site
insiste enfin, en guise de conclusion, sur les nombreuses garanties
de sécurité qui empêchent de si précieuses données d’être
consultées par des visiteurs non invités personnellement.
L’herméneutique génétique intéresse Paulo Coehlo
Ces assurances ne suffisent évidemment pas pour faire taire ceux
qui s’inquiètent des dérives représentées par un tel site,
notamment en cas de violation de l’accès sécurisé à ces données
éminemment personnelles. Certains spécialistes soulignent également
que les résultats de cette analyse, s’ils mettent par exemple en
évidence la prédisposition à certaines maladies, peuvent être
dangereux à recevoir sans explications médicales et sans conseil
génétique. En France, un site tel que www.23ansMe.com serait
évidemment interdit, les recherches génétiques étant strictement
encadrées. Cependant, rien ne semble pouvoir empêcher les
internautes français de se connecter sur ce « Personal Genome
Service » et de faire partie des premières personnes à avoir tenté
l’expérience. Pour l’heure, on ne sait combien sont ceux qui se
sont prêtés au jeu, mais l’entreprise a offert fin janvier un test
à 1 000 personnes ; une initiative qui aura séduite quelques
célébrités, dont l’écrivain Paolo Coehlo.
M.P.
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