Bienfaits du sildénafil en cas de dysfonctionnement systolique ventriculaire gauche avec HTAP secondaire

Le dysfonctionnement ventriculaire gauche sévère s’accompagne en règle d’une hypertension artérielle pulmonaire secondaire, voire d’un dysfonctionnement ventriculaire droit. Dans ces conditions, la tolérance à l’effort est généralement diminuée, tout autant que la qualité de vie, et la mortalité augmente.
Le sildénafil, mieux connu sous le nom de Viagra, administré en une prise unique, a des effets hémodynamiques bénéfiques car il induit une vasodilatation pulmonaire par inhibition spécifique de la phosphodiestérase 5, une enzyme rencontrée dans de nombreux tissus, dont le parenchyme pulmonaire. Quels sont les effets de ce médicament, administré en traitement prolongé ? C’est à cette question que répond un essai randomisé, mené contre placebo, dans lequel ont été inclus 34 patients atteints d’une insuffisance cardiaque symptomatique et d’une HTAP secondaire. Dans le groupe traité, le sildénafil  a été prescrit pendant douze semaines consécutives, à raison de 25 à 75 mg/jour per os, en trois prises. Un test d’effort cardiorespiratoire a été effectué avant et après le traitement.

La VO2max a plus augmenté dans le groupe traité que dans le groupe placebo (1,8+/-0,7 versus -0,27 ml/kg/mn, p=0,02). Parallèlement, dans le groupe traité, les résistances vasculaires pulmonaires (RVP) ont diminué significativement (p<0,05), tandis que le débit cardiaque a augmenté (p<0,05). Les autres variables hémodynamiques sont restées stables, qu’il s’agisse de la pression capillaire bloquée, de la pression artérielle moyenne, de la fréquence cardiaque ou encore des résistances vasculaires systémiques.

L’aptitude du sildénafil à augmenter la VO2max a été directement corrélée aux valeurs basales des RVP (r=0,74 ; p=0,002) et indirectement aux valeurs basales de la fraction d’éjection du ventricule droit (r=-0,64 ; p=0,01). Ce médicament a été en outre associé à une augmentation de la distance parcourue en 6 minutes, soit 29 m versus 0 dans le groupe placebo (p=0,047). La qualité de vie évaluée au moyen de la Minnesota Living With Heart Failure a été également améliorée par le sildénafil (p=0,01 versus placebo). Dans le groupe traité, les hospitalisations ont été moins fréquentes, mais la fréquence des céphalées s’est avérée plus élevée que dans le groupe placebo. Aucun évènement indésirable sévère n’a été détecté.

Dr Catherine Watkins

Références
Lewis GD et coll. : Sildenafil improves exercise capacity and quality of life in patients with systolic heart failure and secondary pulmonary hypertension. Circulation 2007 ; 116 : 1555-1562.

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