Cancer de la prostate familial au Québec : héritage de Samuel de Champlain ?

Les facteurs génétiques jouent un grand rôle dans le cancer de la prostate (KP) et 10 à 15 % des malades ont au moins un proche parent atteint, le risque augmentant avec le nombre de parents touchés.

De nombreux gènes ont été suspectés de prédisposer au KP, dont BRCA1, BRCA2, MSR1, etc. Il se trouve que 80 % du matériel génique des Franco-canadiens a pour origine les fondateurs qui débarquèrent en 1603 avec Samuel de Champlain. Cette population était prédisposée à plus de 20 maladies répertoriées, et en particulier au cancer du sein mais, singulièrement, le KP y est beaucoup plus fréquent que dans la population canadienne anglophone.

Entre 2004 et 2005, les auteurs ont étudié avec soin dans la Belle Province, 179 sujets qui étaient porteurs de KP confirmé histologiquement, et en particulier leurs antécédents familiaux, l’existence d’autres tumeurs, la survie de leurs parents atteints de cancers, l’âge auquel le diagnostic avait été porté, le taux d’antigène spécifique de la prostate (PSA), le score de Gleason, et le stade de la maladie.

Au total, 867 hommes ont été soumis à un interrogatoire, car, outre ceux des 179 malades, ont été étudiés les dossiers de leurs 579 frères (moyenne de 2,84 frères chacun) et de leurs 179  pères. Les sujets qui ont été opérés d’emblée et ont subi une radiothérapie (RT) en cas de récidive étaient sensiblement plus jeunes (63 ans en moyenne) que ceux qui avaient reçu une RT initiale (68 ans). Quarante-cinq malades (25 %) avaient un père ou un frère atteint, et parmi eux 34 n’avaient qu’un parent proche touché par le KP, (9 fois le père et 25 fois le frère), cependant que, chez les 11 autres, deux membres ou plus de la fratrie étaient atteints. Cette proportion de 25 % est significativement supérieure à ce qu’on observe sur l’ensemble du Canada (15 %).

L’incidence de la maladie dans le groupe familial indépendamment de la taille de celui-ci a pu être calculée en divisant le nombre d’hommes affectés par le KP par le nombre total d’hommes dans la proche parentèle. Ce rapport était évidemment plus élevé quand un ou plusieurs proches étaient affectés. Il est à signaler que les cas dépistés l’étaient le plus souvent précocement, avec des scores de Gleason < 7, des taux de PSA bas et des stades T ou T2a.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Filion E et coll. : Higher frequency of familial clustering of prostate cancer in French-canadian men. J Urol., 2007 ; 178 :1265-70.

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