Le dysfonctionnement érectile a-t-il un lien avec la neuropathie autonome cardiaque dans le diabète de type 2 ?

L’atteinte du système nerveux autonome au cours du diabète est l’une des complications les moins connues et les moins comprises de cette maladie, malgré son impact négatif sur la survie et la qualité de vie.

Le diabète peut affecter partiellement le SNA, par exemple,  au niveau des glandes sudoripares, de la médullosurrénale, du tractus gastro-intestinal, mais aussi toucher le système cardiovasculaire et génito-urinaire. Cette neuropathie végétative peut évoluer précocement sur un mode infraclinique, par exemple, dans l’année qui suit le diagnostic de diabète de type 2. De fait, la mortalité et la morbidité qui lui sont imputables peuvent augmenter très tôt. A cinq ans, elle est ainsi cinq fois plus élevée en cas de neuropathie végétative.

Pour sa part, le dysfonctionnement érectile (DE) est une complication courante du diabète, avec une prévalence comprise entre 27 % et 75 %, si on le définit par l’incapacité à atteindre et à maintenir une érection de qualité suffisante pour aboutir à un rapport sexuel, ceci en règle depuis plusieurs mois et au moins la moitié du temps. Chez le diabétique, ce DE peut être imputé à des causes multiples, notamment vasculaires, endocriniennes, neurologiques et psychogènes, sans oublier la neuropathie autonome qui semble jouer un rôle étiologique important. Il semblerait que cette dernière soit volontiers associée à une atteinte du système parasympathique à destination cardiovasculaire. A ce titre, le DE pourrait-il faciliter la détection d’une cardiopathie diabétique avant que n’apparaissent ses symptômes cliniques ?  Autre question : le DE secondaire à  la neuropathie végétative pourrait-il prédire le risque ultérieur d’une atteinte du SNA à visée cardiovasculaire ? C’est à ces questions que répond une étude dans laquelle  ont été inclus 22 sujets de sexe masculin, tous atteints d’un diabète de type 2. Il n’existait aucune pathologie associée, du type maladie cardiovasculaire cliniquement patente, hypertension artérielle,  affection neurologique, rénale ou thyroïdienne.

Des tests standardisés ont été utilisés pour évaluer le DE et la NVC. Cette dernière a été décelée dans 6 cas, cependant que le DE concernait 10 patients. Aucune association significative n’a été mise en évidence entre DE et NVC (p=1). Une analyse plus poussée a permis de déceler une augmentation de l’association DE et NVC avec l’âge (p=0,036). Ces résultats qui émanent d’une étude portant sur un effectif réduit suggèrent que le DE secondaire à une neuropathie végétative n’a apparemment pas de lien direct avec la NVC, qu’il peut néanmoins précéder au fur et à mesure que le sujet vieillit.

Dr Philippe Tellier

Références
Debono M et coll. : Is erectile dysfunction a sentinel symptom for cardiovascular autonomic neuropathy in patients with type 2 diabetes ? Andrologia 2008 ; 40 : 1-6.



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