L’anxiété complique le traitement de la dépression

The American Journal of Psychiatry évoque l’apport d’une étude sur la dépression (STAR-D : Sequenced Treatment Alternatives to Relieve Depression). Portant sur près de 3 000 patients traités pour une « grave dépression », cette enquête épidémiologique montre que l’association d’une problématique anxieuse à la dépression vient compliquer sa prise en charge et son évolution.

De façon significative, les déprimés les plus anxieux se révèlent les plus réfractaires aux traitements antidépresseurs, quels qu’ils soient. Et ils sont également les plus sensibles à leurs effets indésirables, tant en fréquence qu’en intensité. Cette situation défavorable se vérifie encore (et même à un degré accru de pertinence statistique) quand on propose un changement de molécule ou une augmentation des posologies.

Corollaire sans surprise, mais aggravant encore la tâche du praticien : l’observance thérapeutique est inversement proportionnelle au degré d’anxiété, les personnes anxio-dépressives alléguant une intolérance accrue pour interrompre les antidépresseurs.

Cette association anxio-dépressive semble tenir davantage de la règle que de l’exception, tant l’angoisse semble fréquemment sous-jacente dans le tableau dépressif. Mais les auteurs de l’étude définissent la « dépression anxieuse » en référence précise au critère de « somatisation anxieuse » sur l’échelle d’Hamilton (HAM-D : Hamilton Depression Rating Scale). Cf. l’item n°11, détaillant cette « anxiété somatique » sur le document disponible par exemple (en anglais) sur le lien http://healthnet.umassmed.edu/mhealth/HAMD.pdf. Ces travaux visent en particulier à préciser quelle place accorder, dans le prochain DSM-V, à une co-morbidité associée à la dépression : quel contexte aggravant (ici, l’anxiété) risque de compromettre son évolution ? Faut-il y voir une simple forme clinique, ou une affection distincte ? Et en pratique, quels sont les critères permettant d’affiner le pronostic, notamment ceux pouvant signifier que les chances de rémission sont compromises ?

Dr Alain Cohen

Référence
Nelson JC : Anxious depression and response to treatment. Am J Psychiatry ; 165 : 297-299, Mars 2008.

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