La prise en compte des très petits ganglions axillaires améliore la classification des cancers du sein

Le curage axillaire (CA) reste couramment pratiqué en matière de cancer du sein (KS) et il importe qu’il rapporte suffisamment de ganglions, le nombre de ceux qui sont envahis (N+) étant un élément capital du pronostic. Mais les très petits ganglions (TPG) sont souvent difficiles à identifier et risquent d’être méconnus. Une équipe chinoise a utilisé une technique originale de lipolyse pour mieux différencier tissu graisseux et TPG et en rapporte les résultats intéressants.

En quoi consiste cette technique ? Le tissu axillaire frais et non fixé résultant d’un CA est envoyé au laboratoire ; là, les tissus adipeux sont sectionnés en fragments de 1 cm d’épaisseur, puis trempés pendant 6 à 12 heures dans une solution de Carnoy (60 ml d’alcool éthylique, 30 ml de chloroforme, 10 ml d’acide acétique), et ensuite placés sur une plaque de verre au-dessus d’une lampe ; après étalement, les TPG apparaissent sous forme de grains d’un blanc laiteux sur fond de graisse blond cendré, donnant des taches plus brillantes que la graisse quand la lampe est allumée. Les ganglions > 1 cm sont étudiés séparément (afin de diminuer le taux de faux négatifs) mais tous sont placés dans des blocs de paraffine puis colorés à l’hématoxyline-éosine.

Cette méthode a été appliquée entre 2004 à 2006 à 127 CA ; la solution de Carnoy n’a pas altéré les structures cellulaires, et les techniques immunohistochimiques ont donné des résultats comparables à ceux obtenus avec des ganglions non traités. Sur les 127 malades, la technique traditionnelle a permis de retrouver 2 483 ganglions (soit environ 20 par CA). La préparation par lipolyse a permis d’en individualiser 879 de plus (dont 838 < 4 mm) ; les 2 techniques combinées ont mis en évidence une moyenne de 26 ganglions dans chaque CA. Toutefois, sur les 879 ganglions, seuls 58 étaient envahis.

Dans certains cas, des creux axillaires réputés libres se sont avérés être N+ après lipolyse, et, au total, la classification histologique est passée de N0 à N1, ou de N1 à N2 ou de N2 à N3 chez 7 malades.

La solution de Carnoy permet donc un dépistage plus précis de très petits ganglions dans des cancers du sein vus à un stade précoce, autorisant ainsi une classification plus exacte.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Jiang Jun et coll. : Contribution of minute axillary lymph nodes to accurate staging for patients with breast cancer. Chinese Medical Journal 2007 ; 120 : 1762-5.

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