Résultats satisfaisant de l’arthroplastie de la hanche chez l’hémophile

La hanche n’est pas l’articulation la plus touchée par les arthropathies de l’hémophilie, à la différence de la cheville, du genou ou encore du coude. Néanmoins, l’ostéonécrose de la tête fémorale n’est pas exceptionnelle dans cette population, notamment chez le sujet jeune, et celle-ci peut nécessiter une arthroplastie totale de la hanche (APTH). La coxarthrose, quant à elle, s’observe plus tardivement, mais elle peut déboucher sur le même type d’intervention, largement préférable à l’arthrodèse ou à l’ostéotomie fémorale.

Les résultats de 34 opérations de ce type, réalisées chez des malades hémophiles, entre 1983 et 2005, sont rapportés, avec dans l’ensemble, de bons résultats sur le plan fonctionnel à moyen et long terme. Ces interventions ont été réalisées dans deux grands centres spécialisés en orthopédie, l’un à Londres, l’autre à Madrid.

Les hémorragies importantes et les maladies virales éventuellement associées à la maladie constituent les complications les plus redoutables en chirurgie orthopédique, en général, et dans l’ATPH en particulier. De plus le succès de cette dernière tient à des facteurs techniques et chirurgicaux précis, tels la qualité de la mise en place de la prothèse au  contact du tissu osseux. A ce titre, le choix de cette dernière apparaît tout à fait critique, de même que la décision de prendre ou non une prothèse cimentée.

L’état de l’articulation coxo-fémorale entre aussi en ligne de compte et ce facteur est également important. En effet, dans les suites d’une ostéonécrose aiguë de la tête fémorale, il n’est pas rare d’observer des lésions sévères de l’acétabulum et de la tête du fémur, qui réalisent une véritable distorsion anatomique, susceptible de compliquer l’acte chirurgical et d’augmenter sa durée, ce qui n’est jamais très bon, a fortiori chez un malade hémophile.  En  outre, certains de ces patients ont des arthroplasties multiples et des troubles de la marche, de sorte que la prothèse de hanche sera soumise à des contraintes mécaniques plus élevées que chez d’autres patients atteints d’une simple coxarthrose, sans maladie associée.

Moyennant ces précautions,  les résultats fonctionnels de  l’arthroplastie de hanche peuvent être tout à fait satisfaisants, pour peu que les précautions nécessaires et suffisantes soient prises. A ce titre,  il est impératif de diagnostiquer et de traiter, ou mieux, de prévenir, les complications hématologiques nettement plus fréquentes qu’au sein de la population générale.

Dr Philippe Tellier

Références
Miles J et coll. : The impact of haemophilia on the success of total hip arthroplasty. Haemophilia 2008; 14: 81-4

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