La part des nouveaux virus dans les infections respiratoires de l’enfant

De nouveaux virus respiratoires, tels que le métapneumovirus humain (HMPV) et le bocavirus humain (HBoV), ont été découverts dans les sécrétions naso-pharyngées. Pour déterminer leur importance relative dans les infections respiratoires de l’enfant, des prélèvements stockés sont « réexaminés » au laboratoire, avec toutes les techniques de diagnostic virologique rapide, disponibles après leur découverte.

C’est la méthodologie qui a été adoptée dans l’étude de JC Arnold et coll.
Près de 1 500 écouvillonnages nasaux, effectués en 2004-2005, chez des enfants hospitalisés de 0 à 18 ans, ont été re-testés 1) par immunofluorescence directe, pour détecter un antigène du virus respiratoire syncytial (VRS), des virus influenza A et B et para-influenza, et des adénovirus, et 2) par amplification en chaîne par polymérase (PCR), pour détecter une séquence d’ADN du HMPV, du HBoV et, à nouveau, de l’adénovirus (pour ce dernier, la sensibilité de la PCR s’avère très supérieure à celle de l’immunofluorescence).

Globalement, il n’y a qu’environ un tiers de prélèvements positifs, mais avec des variations mensuelles allant de 0 % en été, à 62 % en hiver.
Au palmarès des virus, le VRS se classe nettement premier, avec 12 % de patients infectés, puis suivent, avec un peu plus de 5 % de patients infectés chacun, l’adénovirus (5,9 %), le HboV (5,6 %), et le HMPV (5,2 %).
Les co-infections impliquent 26 % des patients porteurs de HBoV (22/82).

La présence du HMPV, du HBoV ou d’un adénovirus dans le nez, était associée à un tableau clinique d’infection des voies respiratoires inférieures dans, respectivement, 63 %, 61 % et 45 % (32/71) des cas, et à une antibiothérapie, dans respectivement, 76 %, 64 % et 60 % des cas. Les enfants porteurs de HMPV ont nécessité la plus longue oxygénothérapie (durée médiane de 5 jours). Avec un HBoV, 19 % (13/68) avaient une toux coqueluchoïde, et 21 % (14/68) une diarrhée ; alors qu’avec un adénovirus, 19 % (14/71) avaient une conjonctivite, et 21 % (15/71) une diarrhée.

Ainsi, la mise en évidence de HMPV+HBoV+adénovirus, par biologie moléculaire, dans les sécrétions nasales, a authentifié la nature virale d’une plus grande proportion d’infections supposées virales, respiratoires ou autres. Elle suggère également que les adénovirus peuvent donner une atteinte respiratoire peu sévère, et le HBoV, une toux coqueluchoïde. L’étude est rétrospective ; elle porte sur des enfants hospitalisés, prélevés par écouvillonnage nasal « à la demande », et elle ne teste pas tous les virus respiratoires. Elle va néanmoins dans le sens du rôle pathogène de deux des nouveaux virus respiratoires, le HPMV et le HBoV, et de leur recherche, par des techniques de diagnostic rapide, dans certaines circonstances cliniques.

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Arnold JC et coll : « Undiagnosed respiratory viruses in children » Pediatrics 2008 ; 121 : e631-e637

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