La réponse à la chimiothérapie serait influencée par la protéine prion dans le cancer du sein

La chimiothérapie  (CT) néoadjuvante (pratiquée avant la chirurgie) ou adjuvante (après l’intervention) à base d’anthracyclines améliore le pronostic  du cancer du sein (KS), mais seulement pour une faible proportion de malades et il importe de cibler les malades susceptibles d’en bénéficier. On a démontré que les protéines impliquées dans la réponse variaient en fonction des lignées cellulaires et du statut des récepteurs hormonaux (RH).

Il a été montré que les protéines prions (Prp-c) pouvaient protéger les cellules tumorales de l’apoptose provoquée par le facteur de nécrose tumorale (TNF).Cette Prp-c a un rôle dans le fonctionnement normal de la cellule (à ne pas confondre avec la protéine prion anormale ou Prp-sc responsable de la maladie de Creutzfeld-Jakob), mais semble aussi favoriser la résistance à certaines CT.

L’expression de  Prp-c a été évaluée dans le tissu mammaire normal et dans le KS chez 756 malades. Il s’est avéré que la protéine s’exprimait essentiellement chez les malades à RH œstrogèniques (RO) négatifs. Les chercheurs en ont tiré l’hypothèse que dans le sous-groupe des malades RO- il serait intéressant de distinguer celles qui ont une expression de la Prp-c et celles qui n’en ont point. Toutes les études ont été réalisées en immuno-histochimie (IHC), en utilisant des anticorps anti-RO, et anti-Prp-c.

L’IHC a révélé que la Prp-c était, dans le tissu mammaire sain, essentiellement exprimée par les cellules myoépithéliales. Dans le tissu mammaire tumoral (KS), 73 % des tumeurs exprimant la Prp-c ( 83 sur 113) étaient RO-, alors que cette proportion tombe à 26 % (169 sur 643) dans les KS à Prp-c négative.

La CT adjuvante n’a guère amélioré la survie chez les malades RO- chez lesquelles la Prp-c était positive (68 % de survie à 10 ans, chiffre tout à fait comparable à celui des malades sans CT). En revanche, son impact s’est avéré très significatif chez les malades RO- et Prp-c (-), le taux de survie à 10 ans passant ici de 64 % en l’absence de traitement à 79 % chez les malades sous CT.

Ceci démontre qu’une expression élevée de la protéine prion chez des patientes porteuses de cancer du sein sans récepteurs oestrogéniques peut faire prévoir une résistance de la tumeur à la chimiothérapie, et qu’à l’inverse l’absence de cette protéine permet d’espérer une bonne sensibilité à cette thérapeutique.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Meslin F et coll. : Efficacy of adjuvant chemotherapy according to prion protein expression in patients with estrogen receptor-negative breast cancer. Ann Oncol., 2007;18:1793-1798.

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