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Faut-il arrêter d’arrêter les anticoagulants en cas de fibrillation auriculaire paroxystique ?

Publié le 11/04/2008 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Il est classiquement considéré que la fibrillation auriculaire (Ac/Fa) paroxystique expose à un risque thrombo-embolique plus faible que l'Ac/Fa permanente. Plusieurs enquêtes ont démontré que cette conception conduisait à une moindre anticoagulation de ces patients. Il n'existe cependant pas de preuve que le risque thrombo-embolique soit lié à la durée des épisodes d'arythmie. Par ailleurs, l'alternance entre rythme sinusal et arythmie pourrait favoriser ce type d’accidents.
L'enquête observationnelle Euro Heart Survey qui a enrôlé entre 2003 et 2004, 1 509 patients souffrant d'Ac/Fa paroxystique, 1 109 souffrant d'Ac/Fa persistante et 1 515 d'Ac/Fa permanente était une bonne occasion d'y voir plus clair. Le suivi a duré un an.

Le risque théorique d’accident thrombo-embolique était plus élevé à l'inclusion chez les patients en Ac/Fa permanente. Cependant, à un an, les risques de survenue d'un accident vasculaire cérébral (AVC), d'un accident thrombo-embolique quel qu'il soit, d’un saignement majeur et la mortalité cardiovasculaires se sont avérés comparables dans les trois groupes en analyse univariée comme multivariée. Lorsque l'on compare les patients victimes d'un AVC, on note que le nombre et la durée de leurs épisodes d'arythmie étaient comparables mais qu'ils avaient tendance à avoir un risque théorique supérieur. Enfin, un an après la réduction, les patients souffrant d'Ac/Fa paroxystique ont présenté un risque supérieur d'AVC ou d'accident thrombo-embolique en général, par rapport aux patients en Ac/Fa permanente (p=0,029 et 0,001 pour les deux comparaisons).

Le risque d’accident thrombo-embolique des patients en Ac/Fa paroxystique apparaît donc comparable à celui des patients en Ac/Fa permanente dans cette étude. Peut-être faudrait-il alors abandonner, comme le suggère les auteurs dans leur titre, l'habitude qui consiste à arrêter les anticoagulants après réduction d'une Ac/Fa paroxystique.



Dr Benoît Tyl


Nieuwlaat R et coll. : Should we abandon the common practice of withholding oral anticoagulation in paroxysmal atrial fibrillation? Eur Heart J 2008;29 : 915-922.




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