Négativité des récepteurs hormonaux et THS restent les principaux facteurs de récidive des cancers du sein peu évolués

Quoique la survie globale du cancer du sein (KS) atteigne près de 90 % à 5 ans s’il est dépisté à un stade précoce, le risque de récidive est loin d’être négligeable, et il n’est pas fonction que du stade TNM ; d’autres facteurs, tels que la parité ou l’âge de la 1ère grossesse, ont été suspectés d’influer tant sur la survenue du KS que sur son évolutivité après traitement.

AM Brewster et coll. ont analysé le risque de récidive à 5 ans de cancers peu évolués en fonction du traitement hormonal substitutif (THS) et des récepteurs hormonaux (RH) à partir des dossiers de 2 327 femmes traitées entre 1985 et 2000 dans le même centre de Houston (Texas).
La majorité de ces femmes (79 %) étaient de race blanche et l’âge moyen du diagnostic était de 55 ans. Chimiothérapie et anti-estrogènes avaient été donnés à 44 et 42 % des malades.

Au cours des 5 ans de surveillance, en dehors des malades décédées de causes intercurrentes ou perdues de vue, il y a eu 332 récidives (14 %), la plupart sous forme métastatique. Alors que la parité, l’âge de la première grossesse, celui de la puberté, la prise de contraceptifs oraux, le grade nucléaire de Scarff et Bloom, le type de chirurgie ou la mise en œuvre de radiothérapie n’ont pas eu d’influence sur le risque de récidives, celles-ci se sont avérées plus fréquentes chez les femmes jeunes, noires, porteuses de tumeurs plus volumineuses, lymphophiles, avec des RH négatifs. En analyse multivariée, seuls quatre éléments ont encore un impact sur la fréquence des récidives après traitement : ce sont :
- la taille de la tumeur (> 2 cm),
- la positivité des ganglions axillaires,
- la prise du THS, qui double le risque de récidives chez les femmes qui ont des RH négatifs (par rapport à son utilisation chez les femmes à RH positifs), mais le diminue au contraire si l’un des types de RH (œstrogèniques OU progestéroniques) est positif,
- l’absence de mise en route d’un traitement hormonal par les anti-estrogènes.

Ces résultats viennent étayer la notion que la biologie des cancers du sein non évolués à récepteurs hormonaux positifs diffère de celles des cancers à récepteurs négatifs chez les malades soumises à un traitement hormonal substitutif.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Brewster AM et coll. : Relationship between epidemiologic risk factors and breast cancer recurrence. J Clin Oncol., 2007;25:4438-44.

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