À la fin du premier round : pharmaciens 1 - Leclerc 0

Colmar, le mardi 22 avril 2008 – Le Tribunal de grande instance de Colmar statuant en référé a condamné le groupe Leclerc au retrait de sa campagne publicitaire sur la vente de médicaments non remboursés en grande surface, sous peine d’astreinte. Les syndicats de pharmaciens qui ont demandé le retrait de la publicité litigieuse peuvent donc crier victoire, mais le bras de fer juridique, et surtout médiatique, qui s’engage risque de se transformer en victoire à la Pyrrhus pour la profession.

« Un spot télévisé simplificateur et infantilisant »

C’est dans des termes particulièrement durs, et pour le moins inhabituels, que le juge des référés a condamné le distributeur. En effet, alors qu’en moyen de défense, le groupe se retranchait derrière l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme de 1950 garantissant la liberté d’expression, le juge a condamné une publicité « simplificatrice » qui accuse indirectement les pharmaciens « d'être à l'origine de « la baisse du pouvoir d'achat » en rappelant évidemment et constamment que les prix Leclerc sont les plus bas ». Sur la publicité représentant des médicaments en bijoux de luxe, le juge a épinglé « une confusion à finalité démagogique entre les médicaments non remboursés (...) et le cours des franchises ». En ce qui concerne l’attaque sur la publicité mensongère, le juge a donné droit à la demande en condamnant le groupe Leclerc au retrait avant le 23 avril des publicités, à la télévision et sur la toile, sous peine d'une astreinte provisoire de 20 000 euros par jour.

Soulagement du côté des pharmaciens, contre-attaque de Leclerc

Montés très vite au créneau face à la campagne offensive de Michel Edouard Leclerc, directeur du groupe éponyme, les groupements de pharmaciens Univers Pharmacie (ainsi que Directlabo SA) et les deux syndicats de pharmaciens, l'USPO et l'UNPF, semblent satisfaits par le jugement. Pour Me Allouche, représentants la demande,  « il s’agit d’une décision très satisfaisante et qui va dans le bons sens (...) conforme à ce que nous demandions ».
A l’inverse, Michel Edouard Leclerc a fait savoir son intention d’interjeter appel, se retranchant derrière l’avis du CSA qui avait jugé qu’il n’y avait pas de dénigrement dans cette publicité. Il dénonce aussi ce qu’il considère comme « un feuilleton de querelles corporatistes ». Si sur le terrain du droit, la législation en vigueur donnera sans doute raison aux pharmaciens en appel, Leclerc continue d’occuper le terrain médiatique.

CH.

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Vos réactions (2)

  • Prix en officine et prix Leclerc

    Le 22 avril 2008

    En pratique le prix des fournitures et des médicaments en vente libre est très différent d'une officine à l'autre;le débat est bien relançé par le biais d'un concurrent autrement puissant que Leclerc.
    Par ailleurs,le conseil du pharmacien ou d'une préparatrice en pharmacie,au dessus du comptoir, sans espace confidentiel le plus souvent, est parfois bien léger.
    Le débat est, je trouve,bien intéressant et mérite d'être posé.

    Jean-Marc Ternisien

  • Vente de médicaments au supermarché.

    Le 23 avril 2008

    J'estime normal que certains médicaments soient vendues dans des supermarchés à l'instar de ce qui se fait dans certains autres pays de l'Europe(Soyons européens ou non). De plus, je constate que certaines spécialités sont quelques fois vendues "conseil" plus chères, que lorsqu'elles sont sous ordonnance, sous des noms de marques différents, et en plus avec des contenance inférieures ! Cette situation est inconcevable, il est illogique de "vendre à la CNSS moins cher qu'au malade qui se soigne tout seul".

    Lotfi Ouertani

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