Dormir pour perdre « les kilos de la grossesse »

Des études épidémiologiques ont montré que le manque de sommeil est un facteur de risque d’obésité, de maladies cardiovasculaires et de diabète. A contrario, d’autres travaux ont établi que dormir trop longtemps (plus de 8 heures par jour) était associé à une incidence accrue de pathologies coronaires ou de diabète de type 2.

La première année qui suit l‘accouchement est souvent marquée par des troubles du sommeil chez la femme, notamment pour les primipares. Le lien éventuel entre le manque de sommeil six mois après l’accouchement et un surpoids n’avait cependant pas été exploré jusqu’ici.

Une étude longitudinale conduite entre 1999 et 2003 auprès de 940 femmes enceintes, non fumeuses, âgées en moyenne de 33 ans, a permis de suivre leur sommeil et l’évolution de leur poids après la grossesse.

Treize pour cent de ces femmes présentaient toujours, un an après l’accouchement, un surpoids significatif défini par un excès de poids de cinq kilo ou plus par rapport au poids avant la grossesse. Le suivi des durées de sommeil, 6 mois après l’accouchement, montrait que 12 % des femmes dormaient au plus 5 heures/jour, 30 % dormaient 6 heures/jour, 34 %, 7 heures/jour et 24 % dormaient au moins 8 heures /jour.

Les odds ratios ont été ajustés sur le mode de vie et le statut socio-économique, afin d’éviter les biais inhérents à ces facteurs. Les odds ratios ajustés pour un risque de surpoids un an après l’accouchement, sont de 3,13 (Intervalle de confiance à 95 % IC95 : 1,42- 6,94) pour une durée de sommeil   5 h/j, de 0,99 (IC95 : 0,50-1,97) pour 6 h/j et  0,94 (IC95 : 0,50-1,78) pour au moins 8 h/j de sommeil par rapport à une durée de sommeil de 7 h/j (p = 0,012).
L’odds ratio est de 2,05 (IC95 : 1,11-3,78) (p = 0,02) quand il n’y a pas d’adaptation des durées de sommeil durant les 6 mois suivants.
Les mécanismes en jeu sont probablement de nature hormonale (cortisol, leptine) et méritent d’être précisés.

D’ores et déjà, les résultats de cette étude incitent à informer les mères de l’implication possible du manque de sommeil dans la pérennisation d’un surpoids un an après la grossesse.

Dr Carole Cretin

Référence
Gunderson E et coll. : Association of Fewer Hours of Sleep at 6 Months Postpartum with Substantial Weight Retention at 1 Year Postpartum. Am J Epidemiol., 2008 ;167(2):178-187

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