Mille et une manières de lire le premier bilan des EGOS

Paris, le vendredi 25 avril 2008 – Que reste-t-il de l’intersyndicale des infirmières libérales qui unissant la FNI (Fédération nationale des infirmières), l’ONSIL (Organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux) et le SNIIL (Syndicat national des infirmiers et infirmières libéraux) avait permis à ces professionnelles d’obtenir la signature d’une nouvelle convention et quelques revalorisations tarifaires ? Au lendemain de la clôture des Etats généraux de l’organisation des soins (EGOS) on ne peut constater que l’éclatement de cette belle cohésion. D’un côté en effet, le SNIIL a choisi de participer activement à cette séance de concertation. Le syndicat a ainsi « fait des propositions sur l’évolution du métier d’infirmière libérale. Il a apprécié la concertation avec les autres professionnels de santé : médecins, pharmaciens, sages-femmes, chirurgiens, dentistes… », peut-on lire sur le site de l’organisation. Ses deux anciens partenaires sont en revanche très loin de partager son enthousiasme, ne décolérant plus contre la façon dont ont été organisés les EGOS et envisageant même, pour l’ONSIL, une mobilisation nationale.

Deux réunions qui semblent mimer un « clivage hiérarchique »

Le premier procès de la FNI et de l’ONSIL à l’encontre des états généraux organisés ces derniers mois par le gouvernement concerne une maladresse de méthode. En effet, deux réunions publiques ont ponctué ces EGOS : la première était dédiée aux omnipraticiens et la seconde s’est concentrée sur les professionnels paramédicaux. Cette scission est apparue « discriminatoire » à la FNI qui dénonce « le choix autoritaire d’un clivage hiérarchique, réunissant d’abord les médecins et ensuite les autres acteurs de santé de proximité, en totale déconnexion avec les relations de collaboration interprofessionnelle que nous vivons au quotidien ».

Salariat des infirmières libérales

Au-delà de cette critique sur la forme, les infirmières libérales représentées par ces deux syndicats (dont la majoritaire FNI) ne voient pas d’un très bon œil le fait que la généralisation des « maisons de santé » ait été une nouvelle fois désignée comme la solution miracle. L’ONSIL n’était d’ailleurs pas dupe et indique dans un récent communiqué qu’elle « avait bien compris que la DHOS (Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins) allait se saisir de cette occasion pour promouvoir les maisons de santé et une forme de coopération interprofessionnelle, débouchant à terme sur le salariat des infirmières avec la bénédiction d’une minorité syndicale favorable à un mode de rémunération de type capitation ».

Nursing

Derrière cette attaque, c’est l’idée même de transfert de compétences entre les différents professionnels de santé qui inquiète les organisations défendant les infirmières libérales. Dans le discours de Roselyne Bachelot, la FNI et l’ONSIL semblent ainsi n’avoir rien entendu de rassurant. Pour la FNI, les EGOS ont mis en évidence « une approche profondément moyenâgeuse » des infirmières « renvoyées par les principaux initiateurs de ces états généraux à une condition de travailleuses manuelles dévouées ». Plus concrètement est redouté comme l’exprime l’ONSIL « le démantèlement » du décret de compétence des infirmières. On sait en effet qu’a été annoncée la possibilité d’alléger les modalités réglementaires d’actualisation des listes énumérant les actes pouvant être pratiqués par chaque profession. Par ailleurs, le syndicat n’a pas entendu sans crainte Roselyne Bachelot déclarer : « les infirmiers effectuent un trop grand nombre d’actes qui occupent leur temps sans solliciter leurs compétences propres, tels que le nursing ». Quelques secondes auparavant, entendre le ministre de la Santé remarquer : « Les médecins (…) doivent pouvoir s’affranchir davantage des tâches administratives » n’a sans doute pas d’avantage contribué à apaiser les infirmières libérales.

Grève

La grille de lecture des deux syndicats apparaît cependant quelque peu sévère. Les annonces de Roselyne Bachelot ne semblaient pas toutes si hostiles aux infirmières, notamment lorsqu’elle a rappelé qu’elle s’était battue pour que ces dernières puissent réaliser sans prescription médicale la vaccination antigrippale. Elle a en outre paru reconnaître le rôle premier des infirmières en indiquant : « Quand un patient sort de l’hôpital, par exemple, infirmières et pharmaciens doivent être partie prenante et pouvoir se préparer à participer étroitement à son suivi ». Mais ces propos rassurants n’ont semble-t-il pas été perçus par les infirmières et l’ONSIL appelle même à partir du 1er mai les infirmières à cesser « de prendre en charge les sorties d’hospitalisation de nos patients du vendredi soir au lundi matin ».

A.H.

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