Grippe aviaire : exercice de simulation grandeur nature en Indonésie

Jakarta, le lundi 28 avril 2008 – Au cours des trente derniers mois, 107 personnes sont mortes en Indonésie contaminées par le virus H5N1. Le vaste archipel est le pays qui a payé le plus lourd tribu au virus aviaire. L’analyse des circonstances de contamination de certaines victimes révèle que la population indonésienne reste mal informée des dangers qu’elle encourt. C’est ainsi qu’au mois de juin 2007, une jeune fille avait succombé au virus H5N1 : jamais elle n’avait considéré comme inquiétante la mort mystérieuse de quatre des six poulets qu’elle élevait chez elle. Pour renforcer la sensibilisation de la population, de nombreuses opérations d’information ont été organisées et notamment des spectacles ambulants dans les quartiers pauvres où sont encore très souvent élevées des volailles au sein même des habitations. Au printemps dernier, le gouvernement a en outre fait distribuer 100 000 kits sanitaires (contenant des masques, des gants et du matériels éducatif) aux différents chefs de village.


30 % de la population pourrait être infectée

Face à la menace qui pèse sur l’Indonésie et compte tenue de la difficulté d’atteindre l’ensemble de la population, ces opérations semblent insuffisantes. La semaine dernière, le directeur du Comité national de lutte contre la grippe aviaire et de prévention des épidémies grippales, Bayu Krisnamurthi a en effet affirmé : « Quelque 65 millions de personnes ou 30 % de la population du pays seront infectées si une pandémie de grippe aviaire frappe l'Indonésie ». Aussi, les pouvoirs publics renforcent-ils leur dispositif de prévention et d’information. Un exercice de simulation grandeur nature, mettant en scène plusieurs cas de contaminations interhumaines, a ainsi été organisé pendant tout le week-end dans un village de l’île de Bali. Des centaines de volontaires et de villageois y ont participé. Ces derniers ont manifesté leur vif intérêt pour l’opération. Un homme de 51 ans a notamment expliqué : « Jusqu'à maintenant l'information dont on disposait sur la grippe aviaire venait seulement de la télévision. Nous ne savons pas quoi faire en cas d'infection. J'ignorais, par exemple, quoi faire des carcasse de poulets s'ils mouraient brusquement », a-t-il ajouté.

M.P.

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