Acides gras mono-insaturés trans d’origine industrielle et de source naturelle : dur de s’y retrouver !

La consommation d’acides gras mono-insaturés trans a été associée à un risque accru de maladie cardiovasculaire, mais peu d’études ont évalué cet effet délétère selon les sources de ces acides gras, selon qu’ils sont issus de préparations alimentaires industrielles (où ils proviennent surtout d’huiles végétales partiellement hydrogénées) ou de sources naturelles (où ils sont présents en plus faibles quantités, dans les produits alimentaires provenant des ruminants). Des auteurs français, suisses, néerlandais et américains, ont donc cherché à pallier ce manque et ils ont comparé les effets des acides gras mono-insaturés trans de sources industrielles et naturelles sur les taux de HDL- et LDL-cholestérol, d’apolipoprotéines, de cholestérol, de triglycérides, chez des volontaires en bonne santé.

Cette étude randomisée contrôlée, en double aveugle, avec cross over, la trans Fatty Acids Collaboration (TRANSFACT) study, a inclus initialement 46 sujets en bonne santé, normolipidémiques (22 hommes dont le tour de taille était inférieur à 102 cm et 24 femmes dont le tour de taille était inférieur à 88 cm). Ces sujets ont consommé des aliments contenant des acides gras mono-insaturés trans, à raison de 11 à 12 g/j (représentant environ 5 %  des apports énergétiques journaliers), de provenance industrielle et de source naturelle alternativement, trois semaines durant, avec un intervalle libre d’une semaine entres les deux types d’apports.

Parmi les sujets initialement inclus, 40 ont mené l’essai jusqu’à son terme : 19 hommes, âgés en moyenne de 27,7 ± 6,8 ans, ayant un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 22,9 ± 2,6  et 21 femmes âgées de 27,5 ± 7,6 en moyenne, ayant un IMC moyen de 21,1 ± 2,0. Hommes et femmes avaient une faible consommation d’alcool, sans différence significative entre les sexes, et ne prenaient pas de médicaments interférant avec le métabolisme lipidique.

Un effet chez les femmes et pas chez les hommes

L’étude ne met pas en évidence d’effet significatif des acides gras mono-insaturés trans sur les concentrations de lipides des hommes. En revanche, chez les femmes, les résultats montrent qu’en comparaison des acides gras mono-insaturés trans de source industrielle, les acides gras mono-insaturés trans de source naturelle augmentaient significativement les concentrations de HDL-cholestérol.

De même, en comparaison de la consommation d’acides gras mono-insaturés trans d’origine industrielle, les concentrations de LDL-cholestérol après consommation d’acides gras trans de source naturelle se sont avérées significativement accrues, uniquement chez les femmes.
Les concentrations d’apolipoprotéines A1 et B suivaient, significativement, les mêmes profils, confirmant les modifications observées.

La cholestérolémie totale et la triglycéridémie étaient significativement plus élevées chez les femmes après consommation d’acides gras mono-insaturés trans d’origine naturelle qu’après consommation d’acides gras mono-insaturés trans d’origine industrielle.

Cette étude montre que les acides gras mono-insaturés trans de provenance industrielle et de source naturelle ont des impacts différents sur les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire ; les mécanismes qui sous-tendent ces effets restant à explorer.

Ces résultats ne permettent pas de conclure formellement sur l’effet de l’une ou de l’autre source d’acides gras mono-insaturés trans sur le risque cardiovasculaire absolu chez ces sujets normolipidémiques et en bonne santé. A suivre…

Dr Claudine Goldgewicht

Références
Chardigny J-M et coll. : Do trans fatty acids from industrially sources and from natural sources have the same effects on cardiovascular disease risk factors in healthy subjects ? Results of the trans Fatty Acids Collaboration study. Am J Clin Nutr 2008 ; 87 : 558-66.

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