Il y a 15 ans, aux États-Unis, le diabète de type 2 représentait
2 à 3 % de tous les nouveaux cas de diabète de l’enfant et de
l’adolescent. À ce jour, devenu maladie émergente, il compte pour 8
à 45 % des nouveaux cas de diabète diagnostiqués chez l’adolescent
et va de pair avec un accroissement de la prévalence du surpoids et
de l’obésité. Les complications du diabète peuvent, chez l’adulte
être présentes tôt après le diagnostic de diabète de type 2,
probablement en raison d’un long passé d’hyperglycémie méconnue, la
proportion rapportée d’adultes qui développeront une neuropathie
dans les 10 ans suivant le diagnostic de diabète de type 2 atteint
60 %. Or, ce profil évolutif semble différent chez l’adolescent
diabétique de type 2, c’est ce qui ressort d’une étude de cas de
neuropathie périphérique précoce que viennent de publier des
auteurs britanniques.
L’étude a évalué la survenue d’une neuropathie chez 7
adolescents parmi 404 patients d’un service de diabétologie
pédiatrique suivis pour bilan des complications microvasculaires du
diabète. Ces 7 patients comprenaient 6 filles, avaient un âge
médian de 14,3 ans (extrêmes : 9,8-17,2 ans). Tous, sauf un,
avaient des antécédents familiaux de diabète au premier ou au
deuxième degré ; tous étaient obèses sauf un en surpoids, et tous
étaient traités par metformine et adjonction d’insuline.
La médiane d’ancienneté du diabète patent était de 1,9 ans
(0,8-3 ans) et le taux médian d’hémoglobine glyquée (HbA1c) de 6,7
% (4,6-9,3 %).
Ces adolescents n’avaient ni hypertension artérielle, ni
rétinopathie diabétique, ni neuropathie autonome ; leur fonction
rénale était normale, leur numération formule sanguine aussi, et
ils n’avaient pas de carence en vitamine B12 par malabsorption sous
metformine.
En revanche, l’étude révèle, chez 4 d’entre eux, une neuropathie
périphérique, avec perception anormale au toucher léger, à la
pression et à la douleur ; les réflexes achilléens étaient présents
chez tous, et la réponse aux tests vibratoires conservée. Six
avaient une altération de la trophicité plantaire, avec callosités,
les pouls tibiaux postérieurs étant perçus chez tous, faiblement
chez 5.
Cette étude rapporte, pour la première fois selon les auteurs,
chez l’adolescent, l’apparition précoce, dans les 3 ans suivant le
diagnostic de diabète de type 2, d’une neuropathie périphérique.
Cette survenue était plus précoce que l’apparition observée chez
les 120 adolescents ayant un diabète de type 1, suivis dans le même
service de diabétologie pédiatrique malgré une ancienneté plus
grande du diabète chez ces derniers et des taux d’HbA1c plus
élevés. Ces résultats appellent une surveillance renforcée des
complications microvasculaires du diabète, dès le diagnostic, du
diabète de type 2, la mise en œuvre d’une stratégie préventive, pas
facile à l’adolescence, via une éducation soutenue mettant l’accent
sur l’hygiène, l’auto-examen et les soins des pieds, la prévention
des traumatismes, la protection des points d’appui.
Dr Claudine Goldgewicht
Karabouta Z et coll. : Peripheral neuropathy is an early complication of type 2 diabetes in adolescence. Pediatr Diabetes 2008 ; 9 : 110-4.
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