Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil serait un facteur de mortalité après un AVC

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) survient assez fréquemment dans les suites d’un accident vasculaire cérébral.  Son impact sur la mortalité en tant que facteur de risque indépendant reste actuellement inconnu.

Une étude de cohorte prospective, de type cas-témoins, a inclus 151 malades admis dans un centre de rééducation, en raison de séquelles neurologiques secondaires à un AVC. Au total, 132 d’entre eux ont bénéficié d’un enregistrement polysomnographique durant 24 heures, en moyenne 23+/-8 jours après la survenue de l’accident neurologique. Le suivi a été en moyenne de 10,0+/-0,6 années, le critère principal de jugement étant ici la mortalité. Aucun patient n’a été perdu de vue au cours de ces dix années. Le SAOS a été défini à partir d’un index d’apnées et d’hypopnées (IAH) > ou = 15. Un groupe témoin a été constitué par les patients dont l’IAH était < 15.

Sur les 132 patients finalement inclus dans l’étude, 116 sont décédés au cours du suivi. L’éventualité d’un décès s’est avérée plus élevée chez les 23 malades atteints d’un SAOS, le risque relatif ajusté (RRA) étant en effet de 1,76 (p=0,03 versus témoins).  Celui-ci, en analyse multivariée s’est révélé indépendant de l’âge, du sexe, de l’index de masse corporelle, du tabagisme, de l’hypertension, du diabète, du MMS (Mini-Mental State), de l’existence d’un fibrillation auriculaire ou encore de l’aptitude à vaquer aux activités de la vie quotidienne. En revanche, la mortalité chez les 28 malades atteints d’un syndrome d’apnées centrales n’a pas été modifiée (RRA, 1,07 ; p=0,80 versus témoins).

Le SAOS survenant dans les suites d’un AVC, semble être associée à une augmentation significative de la mortalité à long terme, à la différence du syndrome d’apnées centrales qui n’a apparemment aucune incidence sur cette dernière.

Dr Philippe Tellier

Références
Sahlin C et coll. : Obstructive Sleep Apnea Is a Risk Factor for Death in Patients With Stroke : A 10-Year Follow-up. Arch Intern Med 168: 297-301.

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