Après un diabète gestationnel, qui revient faire un contrôle glycémique dans le post-partum ?

Le but de cette étude était de déterminer, parmi les femmes qui ont présenté un diabète gestationnel (DG), la prévalence dans le post-partum d’un trouble de régulation du glucose (TGR) - diabète, intolérance au glucose (IG) ou hyperglycémie modérée à jeun (HMJ) -, et les facteurs associés au fait de revenir faire un contrôle de la glycémie après l’accouchement ou pas. En effet, une femme qui a présenté un diabète durant sa grossesse a un risque élevé de développer ultérieurement un diabète de type 2 : plusieurs études donnent un taux d’incidence cumulée sur 5 ans de plus de 50 %.

Cependant, bien que les femmes soient souvent très motivées pour contrôler leur glycémie pendant la grossesse, peu d’entre elles reviennent faire un test de dépistage après la naissance malgré les recommandations. L’élévation de la glycémie en post-partum est fortement corrélée au risque ultérieur de diabète. Identifier les femmes à haut risque permet de mettre en place des mesures de prévention, aussi bien pour la mère que pour de futurs fœtus.

Ce travail a consisté en l’étude prospective de 707 femmes américaines ayant un DG et à qui on demandait de revenir faire une HGPO (75g) 6 semaines après l’accouchement.

Quatre cent femmes (57 %) sont revenues faire un test de dépistage (HGPO ou glycémie à jeun) entre 8 et 12 semaines du postpartum : 35,5 % avaient un TRG. Sur les 288 qui avaient fait une HGPO, 40,6 % avaient un TRG : 4,5 % de diabète, 12,8 % d’IG, 18,8%  d’HMJ ;  35 % avaient une élévation isolée de la glycémie à 2 heures après charge (glycémie à jeun normale).

Les femmes qui ne sont pas revenues faire le contrôle glycémique après l’accouchement (n=307) avaient plus souvent un antécédent de diabète (28,9 vs 18 %, p<0.01), des niveaux de glycémie à jeun plus élevés (99 vs 95mg/dl, p<0,05), un poids plus élevé avant la grossesse (82,5 vs 79 kg, p<0,05), et étaient plus souvent traitées par insuline (19,9 vs 10,3 %, p<0.01), que les femmes qui sont revenues.

En conclusion, le dépistage en post-partum doit comporter une HGPO. Les femmes qui reviennent faire le test ont un DG moins sévère que celles qui ne reviennent pas, suggérant que la véritable prévalence des TRG du post-partum pourrait être aussi élevée que celle trouvée dans la population.

Dr Stéphanie Mauduit

Références
Hunt KJ et coll. : Who returns for postpartum glucose screening following gestational diabetes mellitus ? Am J Obstet Gynecol 2008; 198:404.e1-404.e6

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article