La journée de dépistage des cancers de la peau fête son 10ème anniversaire

Paris, le jeudi 15 mai 2008 – C’est une idée née en Amérique du Nord il y a plus de dix ans. Outre Atlantique, cette opération s’appelle le Melanoma Monday et son principe en est simple : il consiste à examiner le plus grand nombre de personnes à la recherche de lésions et de grains de beauté suspects afin d’agir au plus tôt. S’inspirant de cette initiative, le Syndicat national des dermato-vénérologues (SNDV) a lancé en 1998 la première édition d’une journée de dépistage gratuit et anonyme des cancers de la peau. En une décennie, ce rendez-vous s’est imposé comme une action de prévention incontournable pour un grande nombre de Français. D’année en année, en effet, le succès de la journée toujours organisée grâce à la bonne volonté des dermatologues ne s’est pas démenti. Les professionnels se souviennent encore aujourd’hui comment entre les éditions 2005 et 2006, une augmentation de 25 % de la fréquentation avait été enregistrée !

Deux à trois millions de nouveaux cas chaque année dans le monde

Cette dixième journée de dépistage des cancers de la peau qui se déroule aujourd’hui partout en France bénéficie de la participation de « 100 dermatologues essentiellement libéraux dans près de 400 centres » a expliqué la vice-présidente du SNDV, Claudine Blanchet-Bardon au Figaro ce mardi. « Le dépistage est organisé avec les municipalités, dans des structures ouvertes, comme les dispensaires, les centres de dépistage, certaines institutions ou de grandes entreprises. A Paris, 26 centres médico-sociaux offriront un dépistage gratuit » a-t-elle encore précisé. Cette forte mobilisation s’explique par l’ampleur de l’enjeu de santé publique représenté par la progression des cancers de la peau et notamment des mélanomes. Selon les données de l’OMS rapportées par le syndicat, entre « deux à trois millions de nouveaux » cancers de la peau sont recensés chaque année dans le monde, dont 130 000 mélanomes, qui sont à l’origine de 66 000 décès. En Europe, on a assisté au cours des cinquante dernières années, à un doublement du taux d’incidence du mélanome tous les dix ans. En France, les 8 000 mélanomes recensés annuellement provoquent la mort de 1 500 personnes. Il s’agit aujourd’hui de la première cause de mortalité des jeunes femmes de 25 à 29 ans. Grâce au dépistage, un plus grand nombre de lésions est détecté plus rapidement. Au total, au cours des dix années de dépistage, les dermatologues ont au minimum détecter 300 mélanomes et 1 500 lésions cancéreuses de la peau.

Des amendes pour lutter contre l’amour du soleil ?

Cette opération de dépistage qui existe dans plusieurs autres pays (comme le 19 mai en Belgique) est également l’occasion pour les dermatologues de rappeler certains messages élémentaires de prévention en ce qui concerne notamment les méfaits du soleil. Les Français restent en effet très nombreux à être tentés par ses brûlures. Une enquête téléphonique menée auprès de 1 002 personnes et publiée en décembre 2007 par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé a ainsi confirmé que 19 % des Français déclarent s’exposer fréquemment au soleil, tandis que 17 % utilisent des produits cosmétiques accélérateurs de bronzage et 3 % réalisent des séances d’UV artificiels. Chez les jeunes, les résultats s’étaient révélés plus inquiétants encore : 78 % des 15/24 ans avaient avoué aimer être bronzés. Faudrait-il pour convaincre nos compatriotes des dangers du soleil utiliser des méthodes plus coercitives ? En Australie où les parents qui exposent leurs enfants sans protection sur les plages sont passibles d’amendes, l’incidence du mélanome a « nettement diminué au cours des dernières années » selon Claudine Blanchet-Bardon.

A.H.

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