Arrêt cardio-respiratoire en milieu hospitalier : de préférence, ni la nuit, ni le week-end…

Aux Etats-Unis, le nombre de décès par arrêt cardio-respiratoire survenant en milieu hospitalier serait d’environ 98 000 chaque année. Tout prête à penser qu’une bonne proportion de ceux-ci pourrait être évitée, si les mesures thérapeutiques adéquates pouvaient être prises à tout moment … ce qui est loin d’être le cas dans ce pays et certainement ailleurs.

Il est  en effet des moments critiques, par exemple la nuit ou le week-end (WE), au cours desquels la mobilisation rapide et l’efficacité des intervenants médicaux semblent a priori moindres. Cette hypothèse est étayée par les résultats d’une étude de cohorte rétrospective, de type cas-témoins. Le nombre d’arrêts cardio-respiratoires a été au total de 58 593, répartis en plusieurs sous- groupes, en fonction du moment de leur survenue : 1) le jour ou en début de soirée, soit pendant la semaine (n=43 483), soit pendant le WE (n=15110) ; 2) pendant la nuit, soit en semaine (n=20 365), soit le WE (n=7790).

Au total, dans les 2 groupes « nuit » et « jour ou soirée »: 1) les taux de survie à la sortie de l’hôpital ont été respectivement de 14,7 % et 19,8 % (p<0,001) ; 2) le retour d’une circulation spontanée, maintenue pendant au moins 20 minutes : 44,7 % vs 51,1 % (p<0,001) ; 3) les taux de survie 24 heures après l’arrêt cardio-respiratoire : 28, 9 % vs 35,4 % (p<0,001) ; 4) une évolution neurologique favorable, sans séquelles majeures : 11,1 % vs 15,2 %(p<0,001). 
Les troubles du rythme associés à l’arrêt cardio-respiratoire nocturne ont été plus souvent une asystolie, soit 39,6 % des cas vs 33,5 % pendant la journée (p<0,001) ; c’était l’inverse pour la fibrillation ventriculaire, soit 19,8 % vs 22,9 % (p<0,001).

Parmi les arrêts cardio-respiratoires survenus pendant le jour ou la soirée, la survie s’est avérée un peu plus élevée quand ils étaient intervenus pendant la semaine plutôt qu’au cours du WE (20,6 % vs 17,4 %), ce qui correspond à un odds ratio (OR) de 1,15. En revanche, pour ceux survenus au cours de la nuit, la survie s’est avérée identique pendant la semaine ou durant le WE (14, 1 % vs 14,8 % ; OR : 1,02). Ces résultats ont été confirmés après la prise en compte des facteurs de confusion potentiels.

Selon les résultats de cette étude de cohorte rétrospective, le pronostic de l’arrêt cardio-respiratoire en milieu hospitalier est plus péjoratif quand il survient la nuit ou le WE. CQFD…

Dr John Sorri

Références
Peberdy MA et coll. : Survival from in-hospital cardiac arrest during nights ant weekends. JAMA 2008; 299: 785-792.

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