Le risque de second cancer du sein controlatéral ne semble pas augmenté par la prise d’une contraception orale ou d’un THS

La survenue d’un cancer du sein (KS) contre indique la prise de contraceptifs oraux (CO) chez la femme jeune et le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause, naturelle ou iatrogène, accusé avec preuves de favoriser la survenue de KS n’est en règle plus prescrit chez les femmes en général et a fortiori en cas d’antécédent de KS. Tout ceci est-il pleinement justifié ?

L’étude Wecare (Women’s environment, cancer, and radiation epidemiology) est une étude longitudinale, cas-témoins, multicentrique, qui a inclus des patientes victimes d’un second cancer du sein (après plus d’un an)  soit controlatéral au premier (n= 708 femmes, les cas) soit du même côté (n=1 399 femmes témoins). Les questionnaires se sont attachés à déterminer les facteurs de risque dans l’environnement avant et après le diagnostic du 1er KS. Les femmes devaient avoir moins de 55 ans lors du 1er diagnostic et leur âge moyen était de 45 ans. Les groupes témoins (GU) et cas (GB) ont été appariés par année de naissance à raison de 2 pour une.
On a retrouvé plus souvent chez les KS bilatéraux (GB) la notion d’une puberté précoce, des antécédents familiaux de KS, et une pauciparité, mais pas de différence en ce qui concerne le statut ménopausique.

Il n’y avait pas d’association entre la prise de CO à n’importe quel moment avant la date de l’apparition du 2ème KS et la localisation de celui-ci. (Seules 2,1 % des femmes en avaient usé après le 1er KS dans le GB et 1,6 % dans le GU) ; de même, l’âge auquel les CO ont été débutés, ou interrompus, non plus que leur durée, n’influaient sur le risque de survenue du 2ème KS.

Parallèlement, les malades qui avaient utilisé un THS après leur 1er KS avaient un risque ajusté d’en développer un second multiplié par 1,03 seulement par rapport aux malades qui s’en sont abstenu, indépendamment du statut ménopausique, des récepteurs hormonaux, de l’âge de la prise et même de la durée du THS.
Cette étude semble infirmer le risque de cancer du sein controlatéral tardif que représentent classiquement la contraception orale et l’hormonothérapie substitutive chez une femme ayant présenté un  premier cancer du sein.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Figueiredo JC et coll. : Oral contraceptives, postmenopausal hormones, and risk of asynchronous bilateral breast cancer: the WECARE Study Group.J Clin Oncol., 2008;26:1411-8.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article