Où la durée du sommeil fait le lit du syndrome métabolique

Certaines études ont associé courte durée du sommeil et augmentation de l’indice de masse corporelle, d’autres ont suggéré qu’une insuffisance de sommeil pourrait détériorer la tolérance au glucose et augmenter le risque de diabète de type 2. D’autres travaux ont mis en évidence une réduction de la sensibilité à l’insuline pour différentes durées de privation de sommeil, d’autres encore ont associé manque de sommeil et élévation significative de la pression artérielle (PA) chez les hypertendus et chez les normotendus. De là à évoquer une relation entre  sommeil et syndrome métabolique, il n’y avait qu’un pas, des auteurs sud-coréens l’ont franchi et cherché à préciser la relation suspectée.

Ils ont analysé les données intéressant 4 222 sujets, 1 822 hommes et 2 400 femmes, âgés de plus de 20 ans ayant participé au Korean National Health and Nutrition Survey 2001, vaste étude transversale menée sous l’égide du ministère de la Santé.
Le syndrome métabolique a été défini par la présence de 3 ou plus  des critères suivants : obésité centrale, évaluée selon les critères Asie-Pacifique de l’OMS, avec pour seuil de tour de taille 90 cm chez l’homme et 80 cm chez la femme ;  hypertriglycéridémie atteignant ou dépassant 150 mg/100 ml ; HDL-cholestérol inférieur à 40 mg/100 ml chez l’homme et 50 mg/100 ml chez la femme ; PA systolique et diastolique supérieures ou égales à 130/85 mmHg ; glycémie à jeun supérieure ou égale à 100 mg/100 ml.
La durée moyenne de sommeil par nuit, rapportée par les sujets, a été répartie en plusieurs catégories : 5 heures ou moins, 6, 7 et 8 heures, et 9 heures et plus.

Une association suivant une courbe en U a été mise en évidence entre durée du sommeil et composantes du syndrome métabolique.
C’est dans le groupe dormant 5 heures ou moins par nuit que l’analyse trouve les plus fortes prévalences d’obésité abdominale (41,4 %) et d’HTA (42,7 %), tandis que les prévalences les plus élevées d’hyperglycémie (35,9 %) et d’hypertriglycéridémie (34,3 %) étaient le fait des sujets dormant 9 heures et plus chaque nuit. Les sujets dont la durée de sommeil nocturne était de 7 heures avaient la plus faible prévalence de composantes du SM.
L’association entre nombre accru de composantes du SM et durée du sommeil est particulièrement forte chez les sujets âgés de moins de 60 ans en comparaison des 60 ans et plus.
Si l’odds ratio de SM 1,74 (IC à 95 % 1,33-2,26 ; p < 0,001) est surtout élevé chez les sujets dont la durée de sommeil nocturne est inférieure ou égale à 5 heures le risque de SM est également accru, après ajustements sur les autres facteurs de risque, chez les sujets dormant 9 heures et plus par nuit (OR = 1,69 IC à 95 % 1,17-2,45) ; p= 0,006).

Cette étude, menée sur une grande échelle, en suggère donc que la durée du sommeil nocturne pourrait être un facteur de risque potentiel de syndrome métabolique. Elle montre une association entre durée auto-rapportée du sommeil et syndrome métabolique, qui concerne non seulement les sujets dormant 5 heures et moins par nuit mais aussi ceux dormant 9 heures et plus, tandis que ceux dormant 7 heures par nuit ont la plus faible prévalence de SM.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Coi KM et coll. Relationship between sleep duration and the metabolic syndrome :Korean national Health and Nutrition Survey 2001. Int J Obes 2008, Publication avancée en ligne 13 mai 2008.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Durée du sommeil et syndrome métabolique

    Le 27 mai 2008

    Cette étude n'est pas complète à mon avis. En effet, la durée de sommeil n'est pas un critère suffisant. Il faut aussi prendre en compte la qualité du sommeil (apnées du sommeil, micro réveils).

    Madeleine Olympio

Réagir à cet article