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Iron Man et Parkinson

Publié le 26/05/2008 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Tous les neurologues le clament et en sont fiers, le diagnostic de maladie de Parkinson est clinique. Cependant, cette assurance clinique est souvent mise à mal quand il s’agit d’éliminer un syndrome parkinsonien, de faire un diagnostic précoce ou d’affirmer le diagnostic chez le sujet âgé. Dans le premier cas, les cliniciens prudents attendent d’avoir un suivi clinique de 5 à 10 ans pour affirmer le diagnostic de maladie de Parkinson. En théorie, l’imagerie nucléaire (DAT scan ou PET scan) pourraient être utile car elle peut démontrer le déficit de transmission dopaminergique au niveau du striatum mais cette stratégie n’est pas économiquement recommandable.  Dans ce contexte, la nécessité de disposer de biomarqueurs des syndromes parkinsoniens se fait sentir.

Si aucun biomarqueur biologique n’a été identifié au niveau du LCR, les échographistes ont apporté davantage d’éléments grâce à leur observation des noyaux gris centraux que leur contenu riche en fer permet de visualiser en échographie. Récemment, une équipe allemande très expérimentée dans cette technique, a ainsi montré que l’hyperéchogénicité de la substance noire, observée précocement dans l’histoire naturelle de la maladie, peut permettre d’éclairer le diagnostic en pratique quotidienne.

Leur étude a porté sur 60 patients souffrant de symptômes parkinsoniens qui n’avaient pas fait l’objet d’un diagnostic clinique précis dans 22 cas. Tous ont bénéficié d’une échographie initiale puis d’une évaluation clinique tous les 3 mois pendant une année. Un an après, 19 malades n’avaient toujours pas de diagnostic clinique de certitude. Douze ont été explorés par PET scan et 7 ont été soumis à l’avis d’un expert permettant enfin la caractérisation du syndrome parkinsonien. Dans ce contexte, l’échographie avait donné le bon diagnostic de maladie de Parkinson avec une sensibilité de 90,7 % et une spécificité de 82,4 %. Les auteurs considèrent que ces résultats sont suffisamment probants pour que cette technique échographique puisse être utilisée en routine. Toutefois, il faut savoir que 10 % des patients ne peuvent être explorés ainsi en raison d’une mauvaise fenêtre temporale. En outre, les malades avec une démence à corps de Lewy et une dégénérescence corticobasale peuvent aussi avoir une hyperéchogénicité à ce niveau. De plus certaines pathologies comme la PSP et l’atrophie multisystématisée avec un contenu riche en fer ne sont pas hyper échogènes. Il est donc nécessaire que ces travaux soient répliqués avant d’inclure ce nouvel outil diagnostic dans notre pratique.



Dr Christian Geny


Gaenslen A, Unmuth B, Godau J, et coll. : The specificity and sensitivity of transcranial ultrasound in the differential diagnosis of Parkinson’s disease:a prospective blinded study. Lancet Neurol 2008; 7: 417–24




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