Tous les neurologues le clament et en sont fiers, le diagnostic
de maladie de Parkinson est clinique. Cependant, cette assurance
clinique est souvent mise à mal quand il s’agit d’éliminer un
syndrome parkinsonien, de faire un diagnostic précoce ou d’affirmer
le diagnostic chez le sujet âgé. Dans le premier cas, les
cliniciens prudents attendent d’avoir un suivi clinique de 5 à 10
ans pour affirmer le diagnostic de maladie de Parkinson. En
théorie, l’imagerie nucléaire (DAT scan ou PET scan) pourraient
être utile car elle peut démontrer le déficit de transmission
dopaminergique au niveau du striatum mais cette stratégie n’est pas
économiquement recommandable. Dans ce contexte, la nécessité
de disposer de biomarqueurs des syndromes parkinsoniens se fait
sentir.
Si aucun biomarqueur biologique n’a été identifié au niveau du
LCR, les échographistes ont apporté davantage d’éléments grâce à
leur observation des noyaux gris centraux que leur contenu riche en
fer permet de visualiser en échographie. Récemment, une équipe
allemande très expérimentée dans cette technique, a ainsi montré
que l’hyperéchogénicité de la substance noire, observée précocement
dans l’histoire naturelle de la maladie, peut permettre d’éclairer
le diagnostic en pratique quotidienne.
Leur étude a porté sur 60 patients souffrant de symptômes
parkinsoniens qui n’avaient pas fait l’objet d’un diagnostic
clinique précis dans 22 cas. Tous ont bénéficié d’une échographie
initiale puis d’une évaluation clinique tous les 3 mois pendant une
année. Un an après, 19 malades n’avaient toujours pas de diagnostic
clinique de certitude. Douze ont été explorés par PET scan et 7 ont
été soumis à l’avis d’un expert permettant enfin la caractérisation
du syndrome parkinsonien. Dans ce contexte, l’échographie avait
donné le bon diagnostic de maladie de Parkinson avec une
sensibilité de 90,7 % et une spécificité de 82,4 %. Les auteurs
considèrent que ces résultats sont suffisamment probants pour que
cette technique échographique puisse être utilisée en routine.
Toutefois, il faut savoir que 10 % des patients ne peuvent être
explorés ainsi en raison d’une mauvaise fenêtre temporale. En
outre, les malades avec une démence à corps de Lewy et une
dégénérescence corticobasale peuvent aussi avoir une
hyperéchogénicité à ce niveau. De plus certaines pathologies comme
la PSP et l’atrophie multisystématisée avec un contenu riche en fer
ne sont pas hyper échogènes. Il est donc nécessaire que ces travaux
soient répliqués avant d’inclure ce nouvel outil diagnostic dans
notre pratique.
Dr Christian Geny
Gaenslen A, Unmuth B, Godau J, et coll. : The specificity and sensitivity of transcranial ultrasound in the differential diagnosis of Parkinson’s disease:a prospective blinded study. Lancet Neurol 2008; 7: 417–24
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