Risque de maladie thromboembolique et THS : pas pour les œstrogènes transdermiques !

Le traitement hormonal substitutif (THS) reste largement prescrit, malgré les récents résultats contradictoires sur leur rapport bénéfice/risque. Parmi ces risques, on note celui de maladie thromboembolique (MTE), de cancer du sein, de cardiopathie ischémique et d’accidents vasculaires cérébraux.

Afin d’évaluer le risque de MTE sous THS et ses caractéristiques selon la nature du traitement utilisé, une équipe de l’INSERM (à Villejuif) et de l’Université de Glasgow a réalisé une revue systématique et une méta-analyse qui a regroupé 8 études observationnelles et 9 essais randomisés.

La méta-analyse des essais observationnels a montré que l’œstrogène oral (OO), contrairement à l’œstrogène transdermique (OTD), augmentait le risque de MTE. Par rapport aux femmes non traitées par un THS, l’odds ratio (OR) d’un premier accident de MTE pour celles sous OO était de 2,5 (IC 95 % : 1,9 à 3,4) contre 1,2 (IC 95 % : 0,9 – 1,7 ; non significatif) pour celles sous OTM. Les femmes qui avaient cessé un traitement par l’OO avaient le même risque de MTE que celles jamais traitées. Le risque de MTE en cas de prise d’OO était plus élevé la première année (OR = 4,0 ; IC 95 : 2,9 à 5,7) par rapport aux années suivantes (OR = 2,1 ; IC 95 : 1,3 à 3,8 ; p < 0,05). Les résultats issus des 9 essais randomisés ont confirmé l’augmentation du risque de MTE parmi les femmes sous OO (OR = 2,1 ; IC 95 % : 1,4 à 3,1). L’association de l’OO à des troubles constitutionnels de la thrombogenèse ou à une obésité aggrave le risque de MTE, alors que l’OTD ne semble pas conférer un risque supplémentaire à ces femmes à risque élevé de MTE.

Cette analyse confirme donc que l’œstrogène oral augmente le risque de MTE, notamment pendant la première année de traitement et que l’œstrogène transdermique peut être moins nocif par rapport à ce risque. Comme d’autres études l’ont déjà montré ou suggéré, il est nécessaire de disposer d’autres données sur les différents risques parmi la grande variété de traitements hormonaux, notamment les différents types de progestérone.

Dr Georges Dubois

Référence
Canonico M et coll. : Hormone replacement therapy and risk of venous thromboembolism in postmenopausal women: systematic review and meta-analysis. BMJ 2008, en ligne avant publication le 20 mai, BMJ, doi:10.1136/bmj.39555.441944.BE.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article